Contre La sansure

GUERRE DES CLAVIERS, PAIX DES CIMETIÈRES

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La Guinée est devenue le théâtre d’une guerre silencieuse mais dévastatrice : la guerre de l’opinion. Chaque jour, des armées de blogueurs, d’influenceurs, de communicants et parfois même de journalistes sont mobilisées pour défendre des camps, attaquer des adversaires, fabriquer des récits, propager des rumeurs et alimenter des théories du complot.

Les commanditaires ? Des dirigeants d’hier et d’aujourd’hui, des leaders politiques de tous bords, des acteurs de pouvoir qui tirent les ficelles dans l’ombre pendant que le peuple se déchire dans les commentaires.

Pendant que certains investissent dans la manipulation de l’opinion, qui investit dans l’éducation ? Dans les hôpitaux ? Dans l’emploi des jeunes ? Dans l’avenir de notre pays ?

La vérité est devenue une victime collatérale. Le mensonge circule plus vite que les faits. La calomnie rapporte plus que l’intégrité. L’insulte génère plus d’audience que l’intelligence. Et la haine semble parfois plus rentable que l’unité nationale.

Pourtant, lorsque la poussière retombe, il n’y a ni vainqueurs ni vaincus. Il n’y a qu’une Guinée affaiblie. Une Guinée où les citoyens se méfient les uns des autres. Une Guinée où les familles se divisent pour des politiciens qui, eux, se retrouvent souvent autour de la même table. Une Guinée où l’énergie du peuple est gaspillée dans des batailles virtuelles pendant que les véritables défis restent entiers.

Nous devons apprendre à être des citoyens avant d’être des militants. Nous devons vérifier avant de partager. Réfléchir avant de relayer. Construire avant de détruire. Car à force de salir l’image des autres, c’est l’image de toute la Guinée que nous finissons par salir.

L’histoire retiendra ceux qui ont construit des ponts, pas ceux qui ont creusé des fossés. La Guinée mérite mieux que cette usine à intoxication permanente. Il est temps de mettre fin à la dictature des rumeurs, au commerce de la haine et à l’industrie de la manipulation. Parce qu’au bout du compte, peu importe le camp, le parti ou le leader que l’on soutient…

Quand la Guinée perd, nous perdons tous.

A bon entendeur salut!

Par Elhadj Aziz Bah

Caroline du Nord, USA 

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