LIMOGEAGE DU SELECTIONNEUR PAPE THIAW : Le football, domaine de passions et d’ingratitude
Par Edoé MENSAH-DOMKPIN

Après un peu plus d’un an et demi passé à la tête des Lions de la Teranga, le sélectionneur sénégalais, Pape Thiaw, a été démis de ses fonctions par la Fédération sénégalaise de football (FSF), le 11 juillet 2026. Une décision qui intervient quelques jours après la débâcle du champion africain 2021, au Mondial 2026. Ainsi, « l’homme aux grands défis », comme il est affectueusement appelé par ses compatriotes, paie, de facto, les mauvais résultats de la sélection sénégalaise à la Coupe du monde 2026.
Trois défaites en quatre matchs disputés durant la compétition, et une qualification sur le fil grâce à sa large victoire 5 à 0 face à l’Irak. Evidemment, une contreperformance pour les Sénégalais arrivés à cette compétition avec de grandes ambitions, mais aussi au regard de la qualité de l’effectif, et de la constance de cette sélection depuis quelques années lors des grands rendez-vous footballistiques africains. Le constat est peu élogieux : le géant africain est sorti du Mondial la tête basse, avec un bilan négatif. Ce qui ne pouvait guère être autrement, quand on sait l’environnement malsain dans lequel ont évolué les Lions de la Teranga durant leur bref parcours. En ce qui le concerne, Pape Thiaw est arrivé au Mondial sans contrat et avec des arriérés de salaires.
Les entraîneurs sont, le plus souvent, les boucs émissaires en cas de contreperformances d’une sélection nationale
Et ce n’est que le 21 juin 2026, soit quelques heures avant le deuxième match de poule du Sénégal, perdu d’ailleurs 2 à 0 face à la Norvège, que son contrat a été signé. Comment peut-on, dans ces conditions, avoir tout son esprit ? A cela, il faut ajouter, en plus de son coaching limité qui lui est reproché, des tensions qui existaient entre lui et certains cadres de la sélection. Tensions qui, évidemment, ont éclaté au grand jour à la suite de la piteuse élimination du Sénégal face à la Belgique. Pour tout dire, la débâcle des Lions ne devrait guère surprendre. Mais il serait injuste qu’on veuille lui faire porter tout seul le chapeau.
La Fédération qui a retiré sa confiance au sélectionneur, a une part de responsabilité dans ce qui est arrivé, pour ne l’avoir pas mis dans les meilleures conditions de travail. A chacun donc de faire son mea culpa. Du reste, les entraîneurs sont, le plus souvent, les boucs émissaires en cas de contreperformances d’une sélection nationale. Et c’est malheureusement l’une des faces les plus hideuses sinon ingrates de cette discipline sportive qui déchaîne tant de passions. En tous les cas, le sort de Pape Thiaw étant définitivement scellé, il revient à la Fédération sénégalaise de football, de tout remettre à plat et de tirer toutes les leçons qui s’imposent. Il y va de l’avenir de cette sélection qui incarnait l’espoir de tout un continent mais qui, au final, aura déçu lors de ce rendez-vous planétaire footballistique.
