Hommage à Nelson Mandela : l’ONU appelle à faire reculer les inégalités
Droits de l’homme

Les Nations Unies ont rendu hommage, lundi, à l’ancien président sud-africain, Nelson Mandela, tout en appelant à remettre la lutte contre la pauvreté et les inégalités au premier rang des priorités mondiales. Face à la multiplication des conflits, au recul de l’aide au développement et à l’envolée des dépenses militaires, le Secrétaire général de l’ONU a estimé que le monde faisait aujourd’hui « les mauvais choix ».
Dans un discours prononcé par son Chef de cabinet, Earle Courtenay Rattray, devant l’Assemblée générale des Nations Unies, António Guterres a salué la mémoire de Mandela, symbole de paix, de justice et de défense des droits humains.
« Même dans les moments les plus sombres de sa vie, Nelson Mandela comprenait que le désespoir était un luxe que l’humanité ne pouvait pas se permettre », a rappelé le Secrétaire général.
Un héritage porteur d’espoir
M. Guterres a souligné que Mandela avait consacré son existence à combattre l’apartheid en Afrique du Sud, tout en dénonçant les injustices héritées du colonialisme, du racisme et de la traite transatlantique des personnes réduites en esclavage. Son combat, a-t-il dit, continue d’inspirer ceux qui défendent les droits humains et l’égalité dans le monde.
Évoquant sa visite de la cellule où Mandela passa dix-huit de ses vingt-sept années de prison sur l’île de Robben Island, M. Guterres a dit avoir été profondément marqué par « la résilience de son esprit » et par sa capacité à transformer la souffrance en réconciliation.
Le thème retenu cette année pour la Journée internationale Nelson Mandela met l’accent sur la lutte contre la pauvreté et les inégalités, un défi que le chef de l’ONU juge plus urgent que jamais.
« Aujourd’hui, nous vivons dans un monde où les inégalités se sont enracinées », a-t-il averti, soulignant que des centaines de millions de personnes restent privées d’un accès suffisant à l’alimentation, à l’eau, aux soins de santé et à l’éducation, tandis que les conflits, les crises économiques et le changement climatique aggravent leur situation.
Un monde marqué par des inégalités persistantes

Pour António Guterres, cette réalité est d’autant plus préoccupante que les besoins humanitaires augmentent alors que l’aide internationale diminue.
« Il y a quelque chose de profondément anormal lorsque nous dépensons davantage pour les instruments de destruction et de mort que pour les outils du développement et de la paix », a-t-il déclaré.
S’appuyant sur la célèbre phrase de Nelson Mandela selon laquelle « Comme l’esclavage et l’apartheid, la pauvreté n’est pas naturelle », le Secrétaire général a appelé à « faire de meilleurs choix » en investissant davantage dans le développement, la protection sociale, la santé, l’éducation et les pays les plus vulnérables, plutôt que dans les dépenses militaires.
Agir contre la pauvreté
La Présidente de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, Annalena Baerbock, a aussi appelé les États membres à transformer l’héritage de l’ancien dirigeant sud-africain en actions concrètes contre la pauvreté et les inégalités.
Rappelant le parcours de Mandela, elle a souligné sa capacité à choisir « le dialogue plutôt que la haine » et la réconciliation après des décennies d’injustice.
Elle a alerté sur l’ampleur du défi actuel : 808 millions de personnes vivent encore dans l’extrême pauvreté et seuls un pays sur cinq est en voie de réduire de moitié son taux national de pauvreté d’ici à 2030.
Alors que l’échéance des Objectifs de développement durable (ODD) approche, elle a appelé la communauté internationale à agir sans attendre : « C’est encore entre nos mains ».

67 minutes au service de sa communauté
Créée par l’Assemblée générale des Nations Unies, la Journée internationale Nelson Mandela est célébrée chaque année autour du 18 juillet, date de naissance de l’ancien président sud-africain. Elle invite chacun à consacrer symboliquement 67 minutes au service de sa communauté, en hommage aux 67 années que Madiba a consacrées à la lutte pour la justice.
« Vaincre la pauvreté et les inégalités n’est pas un acte de charité, mais un acte de justice », a conclu António Guterres, invitant chacun à faire vivre les valeurs de liberté, d’égalité, de solidarité, de réconciliation et de paix incarnées par Nelson Mandela.
