Mort “en détention” de Mamadou Diouma Bah : « Il a été ramené de force en prison », dénonce le SNE
Par Alphonse Iffono

Quelques heures après le décès en détention de Mamadou Diouma Bah, candidat au Baccalauréat unique âgé de 17 ans, survenu dans la nuit du 20 au 21 juillet 2026 à Kindia, le Syndicat national de l’Éducation (SNE) dénonce les circonstances ayant précédé sa mort. Dans un communiqué, l’organisation syndicale affirme que le lycéen, atteint de drépanocytose, a été reconduit en prison après une hospitalisation d’urgence et réclame que toute la lumière soit faite sur cette affaire.
Pour rappel, le lycéen en classe de Terminale Sciences sociales avait été interpellé puis jugé dans le cadre d’une affaire présumée de fraude lors des épreuves du Baccalauréat unique, session 2026, à Kindia. Il est décédé alors qu’il était placé en détention.
Dans son communiqué, le SNE affirme que le jeune homme souffrait de drépanocytose et que son état de santé s’était fortement dégradé durant sa détention. Le syndicat soutient qu’il avait été conduit à l’hôpital pour recevoir des soins d’urgence avant d’être reconduit en prison, malgré les appels de sa famille à le maintenir sous surveillance médicale.
« Ce jeune homme portait déjà un lourd fardeau : il souffrait de drépanocytose. Extrait une première fois de sa cellule pour recevoir d’urgence des soins à l’hôpital, sa vie ne tenait plus qu’à un fil. Malgré les supplications poignantes de ses parents, qui imploraient qu’on le laisse hospitalisé pour être sauvé, il a été ramené de force en prison, où la mort est venue l’arracher à la vie. »
Le Syndicat national de l’Éducation présente ses condoléances à la famille de Mamadou Diouma Bah ainsi qu’à la communauté éducative de Kindia. Il appelle également les autorités judiciaires à faire toute la lumière sur les circonstances de ce décès.
« Nous exigeons haut et fort que justice soit faite. Aucune rigueur de la loi, aucun règlement ne saura jamais justifier la violation du droit le plus sacré, le plus inaliénable de l’être humain : le droit à la vie. »
Au-delà du cas de Mamadou Diouma Bah, le SNE demande la libération des autres candidats ainsi que des enseignants toujours détenus dans le cadre des affaires liées aux examens nationaux. Le syndicat estime que l’État doit garantir leur sécurité et leur accès aux soins.
« Face à ce drame inacceptable, le SNE interpelle solennellement le MENA-ETFP : libérez immédiatement tous les autres candidats retenus dans ces conditions exécrables, si l’État est incapable de leur garantir l’accès aux soins et la protection de leur vie. Nous dénonçons avec la même véhémence le sort réservé aux enseignants croupissant dans des prisons sous des régimes cruels, inhumains et dégradants. »
Le communiqué se conclut par un appel à préserver la vocation de l’école guinéenne.
« L’école guinéenne est un lieu de savoir, de construction et d’avenir. Elle ne doit pas, elle ne peut pas devenir un mouroir pour nos enfants. »

