Contre La sansure

Burkina Faso: le capitaine Ibrahim Traoré met la junte au pas face aux rumeurs de rivalités internes

0

Le capitaine Ibrahim Traoré a coupé court aux rumeurs de rivalités au sommet de l’État. La semaine dernière, le chef de l’État a multiplié les déclarations pour affirmer qu’il est le seul homme fort à la tête du pays et qu’il punit tout comportement « anti-révolutionnaire » très sévèrement.

« Il n’y a ni numéro un, ni numéro deux, il n’y a pas deux capitaines dans le bateau », insiste le chef du régime militaire. Sous les hourras, le capitaine de 38 ans Ibrahim Traoré réaffirme ainsi sa seule autorité sur l’appareil d’État. Une mise au point qui répond à de nombreuses publications sur les réseaux sociaux, ainsi qu’à des observateurs qui laissent entendre qu’il serait sous l’influence d’un numéro deux.

Depuis plusieurs semaines, la disparition de la scène publique de certains hauts responsables du régime, présentés comme les principaux lieutenants du capitaine Traoré, alimente les rumeurs de dissensions au sommet du pouvoir.

L’homme souvent cité est le commandant Oumarou Yabré, patron des services de renseignements et président du Conseil national de sécurité de l’État. Mais le commandant Yabré n’a pas fait d’apparition publique depuis fin mai. Il est absent lors des montées des couleurs au palais présidentiel, où il participe habituellement, absent à la remise des galons de général à trois officiers supérieurs, absent aussi lors des prières importantes.

Selon une source sécuritaire citée par l’AFP, le commandant ne se rend pas non plus à son bureau de l’Agence nationale de renseignement et la garde chargée d’assurer la sécurité à son domicile a été fortement réduite. Plusieurs personnalités proches et soutiens du commandant Yabré ont également été relevés de leurs fonctions.

En particulier, l’imam et prédicateur rigoriste Ishaq Kindo, arrêté le 26 mai, n’a plus réapparu depuis. Il avait alors critiqué un projet de loi visant à encadrer les libertés religieuses. « Ce monsieur est foncièrement mauvais… Il se croyait fort, car en 2019 il avait même créé une police islamique… Je le répète : il n’y a pas deux capitaines dans un bateau », avait commenté Ibrahim Traoré à Ouahigouya.

« Tous ceux qui travaillent avec moi connaissent ma ligne de conduite »

Autre absence qui interroge, celle d’un autre homme fort du régime, qui n’est pas réapparu publiquement depuis deux mois : le capitaine Kiswendsida Azaria Farouk Sorgho. Ancien porte-parole des militaires lors de la prise de pouvoir le 30 septembre 2022, cet officier de premier plan de la junte est considéré comme le numéro 3 du régime. Commandant du Bataillon d’intervention rapide numéro 4 (BIR 4), stationné à Ouagadougou, il est également le porte-parole du Korag, un organe créé par le capitaine Traoré chargé de définir et de contrôler la mise en œuvre de la « vision stratégique » du régime.

À ce poste, il est devenu une figure clé des efforts d’assainissement de l’administration publique, multipliant les révélations sur des malversations financières et annonçant des sanctions sévères. Depuis sa dernière réapparition, le commandement de son bataillon est assuré par son adjoint, selon des sources sécuritaires qui évoquent également son « enlèvement » par des proches du capitaine Traoré.

Son père, Adama Luc Sorgho, ancien ministre des Infrastructures et du Désenclavement (2022-2025), a également été « enlevé » par des hommes armés, quelques jours après son arrestation, indique son entourage. « Tous ceux qui travaillent avec moi connaissent ma ligne de conduite… Et si quelqu’un merde, je vais te mater sans état d’âme. Il n’y a pas d’hommes forts avec moi », a menacé Ibrahim Traoré à Ouahigouya.

Par :RFI avec AFP

 

Source: https://www.rfi.fr/fr/afrique/20260723

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

× Comment puis-je vous aider ?