Relations de bon voisinage : Après l’Algérie, quel autre pays ?
Par Drissa Togola
Les relations du Mali avec plusieurs de ses voisins ont connu, ces dernières années, des périodes de fortes tensions diplomatiques.
De l’Algérie à la Mauritanie, en passant par la Côte d’Ivoire et le Sénégal, les rapports de Bamako avec certains pays de la sous-région ont été marqués par des divergences politiques, sécuritaires et diplomatiques. Mais depuis quelques mois, un vent d’apaisement semble souffler sur plusieurs fronts. Une question se pose désormais : après l’Algérie, quel sera le prochain voisin à tourner définitivement la page des tensions avec le Mali ?
La crise entre Bamako et Alger a constitué l’un des épisodes les plus sensibles de cette période. Les relations entre les deux pays se sont fortement dégradées à la suite de désaccords portant notamment sur les questions sécuritaires et la gestion du dossier du Nord-Mali. Cette détérioration avait pris une dimension régionale, notamment en raison de la solidarité affichée par le Burkina Faso et le Niger envers le Mali au sein de l’Alliance des États du Sahel (A.e.s).
Mais après plusieurs mois de crispation, les signes de détente se sont multipliés. Une analyse publiée en juillet 2026 par l’International Crisis Group estimait que Bamako et Alger avaient désormais intérêt à consolider cette détente et à renouer avec une coopération plus constructive, notamment face à la dégradation de la situation sécuritaire au Sahel. Après Alger, Nouakchott apparaît comme l’un des dossiers les plus sensibles. Les relations entre le Mali et la Mauritanie ont été régulièrement mises à rude épreuve par des incidents frontaliers, des accusations réciproques et les conséquences de l’insécurité dans les zones frontalières.
Cependant, les dernières initiatives diplomatiques laissent entrevoir une volonté de renouer le dialogue. Le 15 juin 2026, le ministre mauritanien de la Défense, Hanana Ould Sidi, a été reçu à Bamako par le président de la Transition, le Général d’armée, Assimi Goïta. Cette visite s’inscrivait dans une démarche plus large visant à renouer le dialogue entre la Mauritanie et les pays de l’A.e.s. Cette évolution pourrait être déterminante. La frontière entre les deux pays est stratégique, tant pour la sécurité que pour les échanges commerciaux. La Mauritanie constitue une ouverture importante vers l’Atlantique et les marchés internationaux. C’est pour cette raison d’ailleurs que le Mali avait fait un essai de transport de son coton à travers Nouakchott.
La Côte d’Ivoire demeure un autre voisin avec lequel les relations ont été particulièrement sensibles depuis le changement d’orientation diplomatique du Mali et le retrait des pays de l’A.e.s de la Cédéao et l’arrestation de soldats ivoiriens à Bamako. D’autres divergences entre les deux pays portent notamment sur les questions politiques, sécuritaires et régionales.
Pour certains observateurs cependant, le réalisme pourrait progressivement prendre le dessus sur les bras-de-fer diplomatiques. Les intérêts économiques et sécuritaires des deux pays sont profondément liés naturellement. La stabilité de la frontière et la fluidité des échanges sont indispensables aux populations et aux opérateurs économiques.
Le Sénégal, de son côté, semble privilégier une approche davantage axée sur le dialogue et la stabilité régionale. Dakar considère d’ailleurs la stabilité du Mali comme un enjeu important pour son propre environnement sécuritaire et géopolitique.
Source: https://www.maliweb.net/politique

