Guinée : 91 EPA sur 119 évalués classés à risque, la gouvernance publique face à un constat alarmant
Par Mariame DIALLO
Après neuf ans d’interruption, la Guinée relance la Revue annuelle des établissements publics. L’édition 2026 a été présentée ce jeudi 10 septembre à Conakry, en présence de membres du gouvernement et des responsables des différents établissements publics administratifs (EPA).

Cette revue porte sur les exercices 2023, 2024 et 2025. Elle est placée sous le thème : « Les établissements publics face aux exigences de performance : quelle gouvernance pour accompagner la Vision Simandou 2040 ? »
Le diagnostic présenté fait ressortir plusieurs difficultés. Sur 151 établissements publics recensés, 119 ont été analysés. Parmi eux, 91 sont classés à risque élevé. Seuls 32 disposent de conseils d’administration effectivement fonctionnels, contre 83 qui n’en ont pas. Le taux moyen de conformité est de 42,2 %.

Pour Djenabou Diallo, directrice générale de la DGPIP, cette revue permet surtout de mieux connaître la situation des établissements publics après plusieurs années sans évaluation.
« Neuf années plus tard, il était devenu indispensable de reprendre cet exercice, non pas simplement pour actualiser des chiffres, mais pour reconstituer une connaissance consolidée de notre portefeuille et disposer d’une nouvelle situation de référence », a-t-elle expliqué.

De son côté, la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, estime que les résultats de la revue doivent maintenant conduire à des actions concrètes. « Les éléments présentés nous rappellent une exigence essentielle : un diagnostic n’a de valeur que s’il conduit à l’action », a-t-elle déclaré.
Elle appelle également à mieux utiliser les ressources publiques. « Chaque franc guinéen mobilisé doit, autant que possible, être rattaché à un résultat et à une amélioration du service rendu à l’usager », a-t-elle ajouté.

Le Premier ministre Bah Oury a, pour sa part, insisté sur la nécessité d’un contrôle régulier de l’utilisation des ressources publiques. « Il est indispensable pour une gouvernance sérieuse et crédible que l’État puisse faire de manière régulière la revue de l’utilisation de ces ressources publiques », a-t-il affirmé.
Le chef du gouvernement a aussi annoncé un changement dans la gestion des EPA à partir de 2027. « D’ici le 1er janvier 2027, le budget-programme doit devenir une réalité concrète et non plus un simple vœu », a-t-il déclaré, soulignant que l’objectif est désormais de mesurer les établissements publics sur leurs résultats et leur impact, plutôt que sur leurs seuls budgets ou effectifs. « La valeur d’un établissement public ne se mesurera plus à son budget ou à ses effectifs, mais à l’impact réel de ses prestations pour la Nation et les citoyens », a précisé Amadou Oury Bah.
Des panels et des tables rondes sont prévus autour de la gouvernance, de la performance, de la gestion financière et de la modernisation des établissements publics. Ces échanges doivent permettre de dégager des recommandations et des actions concrètes pour améliorer la gestion des EPA.

Source: https://www.guinee360.com/10/09/2026/
