Kagbelen ou l’épine dans le pied de Conakry (Par Habib Yembering Diallo)
Comme beaucoup d’ouvrages réalisés dans la capitale, la construction du pont de Kagbelen était censée, sinon mettre fin, du moins réduire les embouteillages dans la zone.
Mais en raison du retard enregistré dans les travaux du tronçon Kagbelen-Sanoyah, les bouchons restent encore une véritable épine dans le pied des usagers.
Malheureusement, même après l’achèvement de ces travaux, un autre facteur risque de maintenir le statu quo.
En effet, en raison de la présence de plusieurs usines de ciment, de farine et de tôles dans la zone, les camions sont stationnés tout le long de la route, entre le carrefour Georges et le pont. Les uns attendent d’être chargés, tandis que les autres, déjà chargés, attendent un client potentiel pour prendre la direction de l’intérieur du pays.
Il n’est peut-être pas superflu de rappeler que les autorités avaient mis à la disposition du groupe marocain CIMAF un site à Kaléma, dans Dubréka, pour y construire son usine. Mais, pour des raisons inavouables, celle-ci s’est finalement retrouvée au bord de la route Le Prince.
Il ne pouvait peut-être en être autrement, dans la mesure où ses principaux concurrents, GI Ciments, Diamond Cement et, plus récemment, Syli Ciments, se sont eux aussi confortablement installés au bord de la route.
À cela s’ajoute évidemment le port sec, qui constitue un facteur aggravant.
Et, comme pour ajouter au calvaire des usagers, Kagbelen semble être le seul endroit de la capitale où les autorités éprouvent autant de difficultés à faire respecter l’interdiction d’occuper les emprises de la route.
Les femmes et les agents de police se livrent ainsi à un véritable jeu de cache-cache. Les premières verseraient aux seconds « le prix de l’eau », ce qui les empêcherait, selon ces allégations, de faire respecter la loi.
