Dans un document remis au Conseil de sécurité sur le Sahara occidental : Guterres préconise le renouvellement du mandat de la Minurso
Dans son rapport, le SG de l’ONU, António Guterres, rappelle l’importance capitale d’une consultation libre et transparente du peuple sahraoui sur toute solution négociée, condition sine qua non de l’exercice effectif du droit à l’autodétermination.
Alors que la question du Sahara occidental devra être discutée en profondeur en ce mois d’octobre, et plus spécialement l’avenir de la MINURSO, le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, vient d’adresser un rapport au Conseil de sécurité dans lequel il dresse les contours d’un éventuel règlement.
Le rapport rappelle que pour la première fois depuis près de 7 ans, le premier trimestre 2026 a vu la reprise de négociations impliquant directement le Maroc et le Front Polisario. Menées sous l’égide de l’Envoyé personnel Staffan de Mistura et des États-Unis à Washington et Madrid, ces discussions visaient à dépasser l’impasse politique. Les équipes diplomatiques ont ainsi travaillé à l’élaboration de projets d’accord-cadre pour offrir aux participants des bases de travail concrètes.
Sur le plan fondamental, le texte opère une articulation entre les propositions en présence et les principes du droit international. Selon le rapport, si la Proposition marocaine d’autonomie sert de socle principal aux discussions sur la base de la résolution 2797 du 31 octobre 2025, elle est qualifiée de base de négociation et non de solution imposée. Toutefois, le rapport prend soin de rappeler que le Front Polisario a également soumis des propositions sur les garanties post-référendaires. Dans cette architecture, le principe d’autodétermination est maintenu : l’autonomie y est présentée comme une modalité pratique d’exercice devant faire l’objet d’une consultation significative des populations sahraouies pour leur garantir un choix libre et volontaire.
Ainsi, autonomie et autodétermination ne sont donc pas présentées comme deux notions définitivement incompatibles dans le schéma actuellement discuté. Parmi les éléments novateurs progressivement intégrés aux pourparlers figurent l’hypothèse d’un Conseil de transition destiné à administrer la phase intermédiaire, ainsi que des mécanismes d’amnistie, de partage des ressources et de désarmement. Sur le plan humain, une initiative de mesures de confiance, portée avec le Haut commissariat aux réfugiés (HCR), propose d’organiser des visites individuelles et volontaires de réfugiés de Tindouf vers Laâyoune et Dakhla afin d’évaluer directement les conditions locales et les modalités de l’autonomie proposée.
En conclusion de son document, le chef de l’ONU formule plusieurs orientations stratégiques destinées à guider le Conseil de sécurité dans la conduite du dossier. Il préconise la prolongation de la mission onusienne sur le terrain jusqu’au 31 octobre 2027, estimant que cette présence demeure indispensable pour prévenir tout risque d’escalade armée et maintenir la stabilité régionale. Toutefois, la présence opérationnelle de l’ONU n’a pas vocation à rester statique : son mandat, sa structure et ses effectifs devront être ajustés et réexaminés au fur et à mesure des progrès enregistrés sur le plan politique.
En somme, António Guterres rappelle «l’importance capitale d’une consultation libre et transparente du peuple sahraoui sur toute solution négociée», condition sine qua non de l’exercice effectif du droit à l’autodétermination. Il exhorte l’ensemble des acteurs régionaux, soit le Maroc et le Front Polisario, en premier lieu, mais aussi, l’Algérie et la Mauritanie, comme pays frontaliers, à maintenir un dialogue direct, sincère et sans condition préalable afin de concrétiser les modalités de la phase transitoire et d’établir un cadre rigoureux de garanties internationales.
Rappelons que Staffan de Mistura, Envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU, et Alexander Ivanko, chef de la MINURSO, doivent également présenter la situation aux membres du Conseil au cours du mois.
Y. Y.

