Abdoulaye Kroumah : l’UFDG n’avance pas masquée et n’est pas un parti satellite
S’il est un parti dont la ligne politique ne souffre d’aucune ambiguïté depuis que la transition a été dévoyée et que Mamadi Doumbouya s’est engagé dans la voie du parjure, c’est bien l’UFDG. El Hadj Cellou Dalein Diallo, leader du parti, parle et agit après avoir consulté et écouté sa base, conformément aux décisions de ses instances. Il n’a pas la tâche aussi facile que d’autres acteurs politiques qui n’ont de comptes à rendre à personne, se confondant avec leur parti, dont ils sont à la fois l’unique responsable et militant.
Il ne peut donc ni se cacher de ses militants ni les induire en erreur en « clignotant à gauche pour tourner à droite ». De la base au sommet, il a été décidé de ne jamais succomber aux compromissions ni de servir de caution à la mascarade électorale de la junte. Cette position a été réitérée le mercredi 31 décembre 2025 par El Hadj Cellou Dalein Diallo à l’occasion de son discours du Nouvel An.
L’erreur est humaine, mais persévérer dans l’erreur est diabolique. L’UFDG, de bonne foi, n’a pas douté au départ de la sincérité du pouvoir d’exception et ne lui a pas fait de procès d’intention. Mais dès lors que le parti a constaté que celui-ci s’écartait de sa feuille de route et s’embourbait sur des chemins interdits, il a pris ses distances et assumé clairement la rupture.
C’est ainsi que l’UFDG a refusé de participer, de près ou de loin, à la parodie d’élection présidentielle qui vient de se dérouler. Officiellement comme officieusement, le parti a déclaré ne pas être intéressé par ce scrutin, ni par une candidature ni par le soutien à un candidat. Malgré cette position claire, nette et catégorique de l’UFDG et de son président, des esprits malins et des intrigants politiques ont tenté de semer la discorde dans les rangs et la confusion chez les électeurs. En vain.
Abdoulaye Kroumah tente aujourd’hui d’en rajouter en laissant croire que des personnes affiliées à l’UFDG, notamment au sein de ses services de communication, auraient œuvré en coulisses en faveur du candidat Yero Baldé. Le parti ne lui fera pas le plaisir de le poursuivre pour diffamation, mais ne laissera pas passer cette entreprise délibérée visant à nuire à sa réputation et à son image, dans une tentative désespérée d’expliquer le rang de premier parmi les derniers obtenu par Yero Baldé.
Abdoulaye Kroumah, comme beaucoup d’acteurs politiques périphériques et certains pouvoirs successifs, semble considérer que tous ses malheurs proviennent de l’UFDG et de son président, au point de frôler l’obsession.
Si l’UFDG avait donné une consigne de vote ou si son président avait eu une préférence pour l’un des candidats, il n’y aurait eu aucun détour ni ambiguïté. À l’UFDG, toute parole et tout acte sont pleinement assumés. Il n’y a ni hypocrisie ni duplicité.
L’UFDG ne pèse pas 7 %, avec ou sans report de voix. Le parti n’a pas été créé pour soutenir des figurants et ne peut se discréditer en s’associant à des appendices politiques. Si cela lui vaut des inimitiés et alimente certains ressentiments, tant pis.

Abdoulaye Kroumah, qui n’a même pas attendu la proclamation des résultats provisoires d’une élection à laquelle il était candidat pour féliciter Mamadi Doumbouya, chef de l’État ayant balisé la voie à sa propre succession, espérant sans doute en tirer quelques faveurs, ferait mieux de se préoccuper de la reddition de ses comptes de campagne. De fausses accusations portées contre l’UFDG ne suffiront pas à justifier l’utilisation des deux milliards de francs guinéens accordés à chaque candidat, d’autant plus que certains, après avoir encaissé ces fonds, ont déserté l’élection.
Peut-être ont-ils considéré cette somme comme le prix du soutien à un processus décrié, à moins qu’il ne s’agisse de la rançon d’une victoire acquise d’avance. Abdoulaye Kroumah devrait se montrer prudent, car il sait qu’il évolue sur un terrain glissant en cherchant la polémique avec l’UFDG, un parti qui pourrait également ouvrir des archives qu’il serait grand temps de déclassifier. L’indulgence a ses limites.
À bon entendeur.
