Contre La sansure

Afrique: l’armée française veut «proposer un partenariat de qualité» avec les pays

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Le général Pierre Schill, chef d’état-major de l’armée de terre, reçoit vendredi 19 juillet 13 de ses homologues africains, dont notamment les chefs d’état-major de l’armée de terre du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, du Gabon, du Tchad et de Djibouti, où la France est militairement présente.

Ce symposium près de Rennes (nord-ouest de la France) a pour but de réaffirmer l’engagement de l’armée française aux côtés de ses partenaires, alors que Paris a entamé le redéploiement de ses forces en Afrique. Pierre Schill est l’invité de Franck Alexandre.

RFI : Mon général, pourquoi ce symposium et quels sont ses objectifs ?

Pierre Schill : L’objectif, c’est de partager des sujets sur lesquels nous allons coopérer et notamment autour de la jeunesse, de la préparation de nos armées.

Avec vos homologues, vous allez d’ailleurs assister au Triomphe, la cérémonie qui célèbre chaque année la nouvelle promotion de l’école de Saint-Cyr. Saint-Cyr, dont l’un des instructeurs est un capitaine ivoirien. La formation croisée des cadres, c’est une ambition ?

Oui, la formation croisée des cadres et la formation de la jeunesse, encore une fois, c’est une ambition vraiment à la base de cette démarche : la jeunesse, c’est primordial pour installer cette relation dans la durée. Ce sont ces jeunes cadres, qui, en se connaissant, en se comprenant, pourront bâtir le futur.

Le président Macron, le 13 juillet dernier, a réitéré sa volonté de remplacer les éléments français permanents en Afrique au profit d’un dispositif, « allégé, humble et de long terme ». Qu’en disent vos homologues ?

Ça leur convient. Je pense qu’ils attendent que nous fassions cette démarche. Cette démarche nous l’avions entamée depuis un certain nombre d’années, mais en fait, le président de la République nous a vraiment demandé de le mettre en œuvre très concrètement. L’objectif : nos déploiements en Afrique étaient d’abord orientés pour la finalité des opérations et des opérations que nous faisions avec les Africains, notamment au Mali ou ailleurs. S’il restait des moyens, du temps, nous servions ce déploiement pour les opérations pour faire de la préparation opérationnelle ensemble et s’il restait du temps ou des capacités, nous les utilisions pour faire du partenariat. Là, c’est complètement inversé. Aujourd’hui, l’objectif premier, c’est le partenariat : mes chers camarades, chefs d’État-major de l’armée de terre africaine, que voulez-vous ? De quoi avez-vous besoin ? De formations un peu structurées ? Les drones ? Un certain nombre de capacités que vous voulez monter ? Nous allons avec vous bâtir ces capacités. Mais c’est vraiment une inversion de cette priorité.

Au Sénégal, les nouvelles autorités, notamment le Premier ministre Ousmane Sonko, affirment que les bases étrangères ne peuvent pas perdurer. Ce partenariat sera-t-il possible avec le Sénégal ?

Je le pense. Alors, nous sommes en attente de la façon dont les autorités sénégalaises, et pour ce qui me concerne, du chef d’état-major de l’armée de terre sénégalais, va nous préciser de ses demandes et des modalités selon lesquelles il souhaite que nous agissions. Il n’y aura plus de base permanente. Ce sera sur le socle de détachements beaucoup plus légers. Peut-être qu’ils viendront de France à la demande. Ce sont des modalités que nous devons établir avec nos partenaires.

En revanche, certains partenaires ne demandent pas justement le départ des forces françaises et souhaitent conserver ces bases permanentes.

Alors, avec ces partenaires qui demandent que dans les prochaines années ou les prochains mois, un certain nombre de forces françaises puissent continuer à être déployées justement pour pouvoir faire de la préparation militaire des exercices ensemble, éventuellement aider leurs opérations, eh bien nous répondrons à leurs demandes.

Donc, on l’a dit, réduire la visibilité, l’empreinte : raison pour laquelle un commandement pour l’Afrique sera créé à Paris au sein de l’état-major, le premier août prochain.

C’est ça. Un commandement pour l’Afrique sous l’autorité du chef d’état-major des armées, c’est-à-dire pour l’emploi des forces qui sont en Afrique et la construction de ce partenariat va être créé. Mais ce symposium, que nous organisons à Rennes, a pour objectif vraiment de mettre en relation les armées de terre : recruter, former, équiper, entraîner des unités sur ces domaines-là. Nous avons à discuter entre chefs d’état-major d’armée de terre pour justement, de manières mutuellement bénéfiques, pouvoir travailler sur ces sujets. Mutuellement bénéfiques, parce que moi, ça m’intéresse aussi d’avoir un certain nombre d’officiers, de sous-officiers même de militaires du rang qui vont dans les écoles africaines, qui se forment au milieu de leurs homologues africains, de façon à comprendre leurs besoins et apporter un certain nombre de réponses.

L’Afrique est un continent courtisé. Vous avez désormais des compétiteurs.

Oui, c’est clair alors ce qui est clair, c’est que chaque pays africain peut et a intérêt à justement rechercher des partenariats qui répondent à ses besoins.

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