Alors que plusieurs partis s’effacent de la carte, d’autres naissent en grande pompe (Par Babanou Timbo Camara)
Tout s’est passé comme prévu. Aucune étape n’a été brûlée. Le MATD a été méthodique. Il ne s’est pas pressé. La finalité était claire : la dissolution et nous y sommes. D’abord placés sous réserve, puis sous observation ensuite suspendus, l’UFDG, le RPG, l’UFR, et autres partis politiques ont connu une fin lente. Le démembrement politique est acté.
Le département dirigé par le général, Ibrahima Kalil Condé a fini par sortir ses griffes et ses muscles contre quarante organisations politiques. Le péché d’Israël de ces partis : « Un manquement aux obligations ou le non-respect des dispositions légales qui régissent le fonctionnement des partis politiques en Guinée. » Mais, de quel manquement parle-t-on exactement ?
La précision dans l’arrêté ou un communiqué du département permettrait à l’opinion de mieux comprendre les vraies motivations de cette décision. Puisque les entités concernées n’étaient pas dans le même panier avant la mesure.
L’UFDG, le RPG, l’UFR : l’épée de Damoclès est tombée
Nul n’ignore la représentativité et la place qu’occupe le trio RPG-UFDG-UFR ces quinze dernières années sur l’échiquier politique national. Mais depuis la chute du régime Condé, le trio a connu presque le même destin : mise sous observation, suspension et maintenant dissolution. Le dénominateur commun des trois : l’exil des trois leaders. Deux d’entre eux sont d’ailleurs absents du fichier électoral actuel.
Le PUP et le PDG-RDA : des patrimoines politiques qui se fanent
L’histoire politique de la Guinée ne peut être contée sans le PDG-RDA du camarade Ahmed Sékou Touré et le PUP du général Lansana Condé, père du multipartisme. Si l’UFDG, le RPG et l’UFR étaient en froid avec le CNRD, le PDG-RDA et PUP ont affiché leur soutien aux autorités actuelles notamment lors du référendum constitutionnel du 21 septembre 2025 et la présidentielle du 28 décembre 2025. Mais le pacte politique n’a pas empêché le naufrage. La dissolution d’une autre catégorie suscite plus d’interrogations et d’incompréhension.
Le RDIG, le RGT, le BAG, l’UFD et Cie : erreurs ou victimes collatérales ?
En 2025, le MATD à l’issue d’une évaluation a certifié plusieurs partis politiques dont l’UFD, le RDIG, le BAG, le RGT. Ce qui laissait présager qu’ils étaient autorisés à exercer dans le pays. Comment se sont-ils retrouvés dans cet état ? Quelles sont les obligations qu’ils n’ont pas remplies ? En tout cas, plusieurs parmi eux disent n’avoir reçu aucun avertissement. Ils mettent cela au compte d’une erreur du MATD.
Pendant ce temps, la GMD naît en grande pompe !
C’est la loi de la nature. Les uns chutent, les autres s’élèvent. Alors que plusieurs partis se gomment de la carte politique du pays, la Génération pour la Modernité et le Développement (GMD) fait une entrée dans l’arène en toute pompe. Quand celle-ci naîtra, quel contrepoids aura-t-il sur le paysage politique guinéen ? Qui s’opposera ou contestera le parti au pouvoir ou la mouvance présidentielle ? Les autres en règle pour le moment, pourront-ils réellement incarner ce rôle ?
Les législatives et les communales arrivent. Et les partis qui vont rater ce train, devront patienter longtemps avant de s’embarquer dans un autre ou de se relever.
Par Babanou Timbo CAMARA
Source: https://www.visionguinee.info/
