Au Canada, des guinéens exigent le départ du Général Doumbouya
A l’instar d’autres pays du monde, des guinéens ont exprimé leur mécontentement face à la gestion de la transition avant d’exiger le départ du Chef de la junte guinéenne, le Général Mamadi Doumbouya, quatre ans après le putsch du 5 septembre 2021.
Alors que les guinéens sont convoqués aux urnes le 21 septembre 2025 pour se prononcer sur la nouvelle Constitution à travers un Référendum, des voix se lèvent pour dénoncer des manœuvres de confiscation du pouvoir par la junte militaire.
Au cours d’une manifestation organisée le 06 septembre 2025 à Montréal par les Forces vives de Guinée qui regroupent le FNDC (une plateforme de la Société civile guinéenne) et des partis politiques dont l’UFDG de Cellou Dalein Diallo, des opposants à la junte dénoncent le recule démocratique en Guinée.
Après le discours du Coordinateur du FNDC Canada, Dian Diallo qui a invité ses partisans à poursuivre le combat jusqu’à la victoire finale, d’autres leaders se sont succédés à la tribune pour dénoncer les dérives autoritaires de la junte guinéenne.

S’exprimant au nom des femmes, Mme Ousmane Diallo, Coordinatrice des Femmes du FNDC, rappelle la nécessité de défendre vaille que vaille ‘’la liberté et la dignité des guinéenne et des guinéens’’.
‘’Nous n’accepterons jamais que notre pays soit pris en otage par un régime militaire qui piétine la volonté populaire.’’, prévient-t-elle.
S’adresser au Général Mamadi Doumbouya, Ousmane Diallo prévient que : ‘’ ni l’exil, ni la prison, ni la répression n’étoufferont nos voix. »
‘’Notre ~NON ~ aujourd’hui est un ~ OUI ~ à la démocratie, un ~ OUI ~ à la justice et un ~OUI ~ à l’avenir de nos enfants.’’, a-t-elle averti.
Avant de terminer son discours, la Coordinatrice des Femmes du FNDC lance un appel pressant au peuple de Guinée :

‘’ Nous lançons un appel à toutes les guinéenne et à tous les guinéens, au pays comme dans la diaspora : restons unis, restons debout, et poursuivons ce combat jusqu’à la victoire.’’, car, rappelle l’activiste de la Société civile, ‘’la Guinée n’appartient ni à un homme, ni à un clan, ni à une armée. La Guinée appartient à son peuple.’’, conclu-t-elle.

Pour C’est Sékou Cissé un des responsables des forces vives de Guinée, « L’arrivée au pouvoir par le légionnaire français par un coup d’Etat, est un recule pour la démocratie et les libertés publiques. Les médias ont été fermés, des opposants arrêtés, persécutés, d’autres portés disparues ou contraints à l’exil. Il faut qu’on se lève pour combattre cette dictature naissante. » (vidéo)
De son côté, Thierno Bhuria Diallo, représentant de l’UFDG dira que cette manifestation est un signal fort envoyé au CNRD et qui vise à faire entendre la voix du peuple de Guinée.
‘’Notre présence est un acte de courage, mais aussi un acte de foi dans l’avenir de notre pays.’’, a –t-il déclaré.
Ajoutant que : ‘’ Notre combat est clair, notre message est simple : Le rétablissement immédiat de l’ordre constitutionnel car aucun pays ne peut prospérer dans le chaos institutionnel, dans l’arbitraire ou dans le recul démocratique.’’

Thierno Bhuriya Diallo a tenu à rappeler que le peuple de Guinée veut ‘’une justice pour tous une justice indépendante, égale pour les puissants comme pour les plus faibles, une justice qui protège et non qui opprime.’’
Mais ce n’est pas tout. Le représentant de l’UFDG exige aussi la ‘’libération de tous les détenus politiques car nul ne doit être privé de liberté pour avoir exprimé ses opinions ou défendu ses droits.’’ Tout comme ‘’le retour sans condition de nos leaders politiques car l’exil forcé ne doit pas être l’instrument de la peur, mais le souvenir d’un passé que nous devons dépasser.’’
‘’ Nous ne sommes pas ici pour diviser, ni pour semer la haine. Nous sommes ici pour dire NON à l’injustice, NON aux détournements des idéaux démocratiques, et OUI à la Guinée unie, pacifique, respectueuse des lois et des droits de ses enfants.’’, a rappelé l’homme politique.
Ajoutant que : ‘’Notre pays a traversé des périodes difficiles. Trop de sang a coulé, trop de familles ont souffert. Mais nous croyons, plus que jamais, qu’un autre avenir est possible. Cet avenir commence par la restauration de la légitimité, du respect des institutions et de la souveraineté populaire’’.
Selon l’homme politique, la démocratie appartient au peuple et c’est pour cela qu’’’ Aujourd’hui, nous envoyons un signal fort : la Guinée ne se laissera pas confisquer. Nous resterons mobilisés, dans le respect des lois, dans le respect de notre pays, mais avec une fermeté inébranlable. Nous appelons toutes les forces vives, tous les citoyens, les jeunes, les femmes, les sages, à se lever pour exiger ensemble ce qui nous appartient : la démocratie, la justice et la liberté.’’
Et pour conclure, M. Diallo dira :’’ Le monde nous regarde. L’histoire nous jugera. Ne laissons pas le silence couvrir nos voix, ne laissons pas la peur éteindre notre espoir. Unis, organisés, déterminés, nous irons jusqu’au bout, pacifiquement, pour que vive la Guinée dans la justice et la liberté retrouvées.’’
D’autres manifestants se sont également exprimés au micro de notre rédaction pour dénoncer les manœuvres du pouvoir de Conakry et exiger le respect des engagements pris le 5 septembre 2021 lors de la prise du pouvoir par les militaires, à savoir l’organisation des élections libres et transparentes sans la participation des membres de la junte, du Conseil National de Transition (CNT) et du gouvernement de transition.
Nous vous livrons quelques extraits des interviews réalisés sur place au micro de notre reporter.
El hadj membre des Forces vives de Guinée
Mohamed Barry, responsable sécurité Unions des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG)
Abdourahmane Bah, militant engagé de l’UFDG
Aboubacar Diaby militant de l’UFR
