Au Mali, il y a 35 ans, l’avènement de la démocratie

En effet, la 35e commémoration de l’avènement de la démocratie au Mali se déroule dans un contexte politique tendu, marqué par le régime militaire en place depuis 2020, dirigé par le général Assimi Goïta.
Entre restrictions politiques et inquiétudes pour la liberté de la presse, cette date symbolique ravive les débats sur l’avenir démocratique du pays.
Depuis la dissolution, en mai 2025, des partis politiques et des associations à caractère politique, les activités politiques sont suspendues. Les autorités de transition présentent cette mesure comme préventive, visant à « assainir » l’espace public et à contrer toute tentative de déstabilisation.
Dans les faits, le pays traverse une nouvelle période marquée par l’absence de démocratie et une restriction des libertés politiques.
Dans ce contexte, les journalistes exercent dans des conditions de plus en plus difficiles et constatent une dégradation continue de la situation.
« Ce qui est constant, c’est que la presse a eu un rôle à jouer, a été impliquée, a été aidée. Malheureusement, on voit une érosion des acquis de mars 91, depuis l’avènement de la transition. D’ailleurs, il n’y a plus d’aide à la presse depuis et la presse est de plus en plus confinée dans un rôle que tout le monde voit. C’est à peine si on fait cas de la presse« , a déploré Alexis Kalembry, directeur de publication de Mali Tribunes.
Du côté des anciens partis politiques, peu de réactions émergent, mais certains évoquent « un contexte sombre pour la démocratie malienne ».
Pour Seydou Diawara, proche des autorités, la dissolution des partis ne signe pas la fin du processus démocratique :
« Au cours de la gestion des présidents élus démocratiquement, nous avons senti la mainmise de certaines puissances sur nos ressources, après leur implication dans l’élection du candidat de leur choix. C’est ce système qui est aujourd’hui révolu, sur la base des recommandations des assises nationales, d’où la dissolution des partis politiques. La démocratie n’est pas derrière nous, elle renaîtra de ses cendres, une fois que le pays retrouvera sa stabilité d’antan », a-t-il déclaré.
La journée sera marquée par un dépôt de gerbes du général Assimi Goïta au monument des martyrs de la révolution de mars 1991, un symbole fort dans un contexte incertain.
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