Contre La sansure

Aujourd’hui, un parjure a prêté serment

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Le 17 janvier 2025, Mamadi Doumbouya a levé la main et juré de servir la Guinée. Le geste est solennel, les mots soigneusement choisis. République, justice, peuple, nation. Exactement les mêmes mots qu’en septembre 2021. Mais cette fois, le décor n’abuse plus personne. Car un homme qui a rompu tous ses engagements peut bien prêter serment : sa parole est déjà usée.

En 2021, il s’était présenté comme un libérateur. Il dénonçait la confiscation du pouvoir, le mépris du peuple, la violation de la Constitution. Il promettait une transition courte, honnête, encadrée par des règles claires. Il signait la Charte de la transition et jurait, à plusieurs reprises, qu’il ne serait jamais candidat. Cette promesse n’était pas secondaire : elle était le cœur du pacte avec le peuple.

Pendant quatre ans, cette parole a été répétée comme un mantra. Aux discours officiels, aux vœux du Nouvel An, devant les médias internationaux. Beaucoup ont voulu y croire. Parce qu’en Afrique, la parole d’un chef n’est pas un simple discours : elle engage l’honneur. Parce que nos traditions enseignent qu’un homme sans parole est déjà tombé, même s’il est encore debout.

Puis les faits ont parlé. La Charte a été piétinée. Les promesses vidées de leur sens. La transition transformée en confiscation durable du pouvoir. Les voix critiques réduites au silence, les journalistes intimidés, les opposants traqués. Tout cela rebaptisé « stabilité » ou « refondation », comme si changer les mots suffisait à masquer la réalité.

Dans l’islam, la trahison de la parole donnée est un signe d’hypocrisie. Dans nos cultures, elle attire la malédiction sur celui qui gouverne. Un pouvoir fondé sur le mensonge perd la baraka, cette bénédiction invisible qui fait tenir une nation. Il peut durer un temps par la force, mais il s’effondre toujours par le poids de ses propres contradictions.

Ce 17 janvier 2025, le serment prononcé n’a donc rien d’un commencement. Il ressemble plutôt à une confirmation. La confirmation qu’un engagement violé hier ne devient pas crédible aujourd’hui. La confirmation qu’on ne construit pas la légitimité en reniant ses propres règles.

L’Histoire est patiente. Elle observe, elle note, elle tranche. Elle ne retient jamais les promesses creuses, seulement les actes. Et elle est implacable avec les parjures.

Le peuple guinéen mérite mieux qu’un pouvoir bâti sur la peur et le mensonge. Il mérite la vérité, la dignité et la justice. Ce jour n’entrera pas dans l’Histoire comme une investiture exemplaire, mais comme le moment où un homme a juré sur des promesses déjà trahies.

Le combat, lui, continue. Pour la Guinée. Pour l’honneur. Pour la justice.

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