Avant-projet de la nouvelle constitution: « … le travail qui nous est présenté, ce n’est pas un travail intellectuel (…) C’est de la duperie,… »
Invité de l’émission Africa 2015 chez nos confrères de Nostalgie Guinée ce mercredi 9 octobre 2024, Youssouf Camara, membre du bureau politique de l’UFDG, (Union des Forces Démocratiques de Guinée », estime que cet avant-projet de la nouvelle constitution ne correspond aux aspirations du peuple de Guinée.
Pour lui, selon des propos rapportés par nos confrères de lerevelateur224.com (*), « cet avant-projet de la nouvelle constitution, c’est un chiffon. Ce n’est pas un travail intellectuel ardu par rapport à la constitution de 2010. Donc, le travail qui nous est présenté, ce n’est pas un travail intellectuel digne de ce nom. C’est de la duperie, c’est de la fourberie, c’est de la tromperie. On n’est pas aussi fou à accepter un tel tripatouillage constitutionnel, afin de nous valider la candidature d’un jeune homme qui n’est autre que Mamadi Doumbouya. C’est une constitution taillée sur mesure. On a réuni les membres du CNT par la volonté de Dansa Kourouma, qui a fait un choix sélectif. Ce CNT n’est pas représentatif du peuple de Guinée. C’est un CNT qui est composé de copains et de coquins qui ont été pris par-ci, par-là, afin d’accomplir le sale boulot.”
Dans une tribune, (2), il a indiqué que « depuis la prise du pouvoir par la junte à la date du 5 septembre 2021, plus de 3 ans après, les engagements d’un retour à l’ordre constitutionnel sous l’auspice de la CEDEAO n’est plus à l’ordre du jour en Guinée.
Ce qui est plus grave, la position de la junte n’est plus un retour à l’ordre constitutionnel en faveur d’un pouvoir civil mais plutôt la confiscation du pouvoir en violation de la charte de la transition mais également la charte africaine de la démocratie et des droits de l’homme.
Les guinéens doivent croire à leur destin en refusant toute confiscation du pouvoir en permettant au CNRD de se maintenir au pouvoir au delà du 31 décembre 2024. »
« … les valeurs démocratiques de mon pays sont en danger…)

Poursuivant, Youssouf Camara, ancien membre du CNT de 2010, a estimé qu’aujourd’hui, « tous les acquis démocratiques sont sacrifiés sous la promesse d’une fausse refondation qui n’a pour objectif d’instaurer une prise d’otage de notre démocratie. Voici entre autres, les réalités qui confirment cette thèse : la fermeture des radios privées les plus écoutées du pays; l’interdiction du droit de manifester; les arrestations arbitraires des opposants par suite des manifestations ; les kidnapping et les disparitions forcées des opposants; l’exil forcé des grandes figures de l’opposition ; la mise en place des Cheick- point de blindés et des hommes armés à tous les grands ronds points de Conakry 1 au rond point de Kagbelen; les opérations de fouilles nocturnes des véhicules à la rentrée de Kaloum; l’occupation massive des places publiques en parkings de stationnement des engins et matériels de guerre; la confiscation de la liberté d’expression à travers des interpellations des leaders d’opinions et des activistes de la société civile .
À l’image de tout ce qui précède, il est évident que les valeurs démocratiques de mon pays sont en danger, l’autoritarisme règne en maitre sous l’indifférence d’un peuple intimidé et divisé. Nous avons un devoir de solidarité pour faire face à cette dictature qui monte en puissance. »
De l’avis d’un analyste politique guinéen, « ce n’est peut-être pas encore tard pour les forces et plus particulièrement l’UFDG, de constater qu’elles n’ont pas fait le bon boulot pour contrer le CNRD, son gouvernement et son CNT qui tiennent à la candidature de Doumbouya à la prochaine élection présidentielle. Moi, en janvier dernier, j’ai suggéré à certaines autorités de l’UFDG et du FFSG l’écriture d’un mémorandum adressé à la Cedeao, avec copies au CNRD, son gouvernement et le CNT, aux membres du G5 Guinée, surtout à cette France qui bloque tout en faveur de Général Doumbouya. Dans ledit mémorandum, je leur ai expliqué qu’elles devraient indiquer la nécessité de former un gouvernement d’union nationale pour conduire le pays aux prochaines élection. »

Pour cet analyste, « il est plus important d’avoir des élections inclusives et transparentes que de dire que tel ou tel ne devrait pas être candidat pour quelle que raison que ce soit. Tout le monde sait que nul ne pourra gagner des élections démocratiques, c’est-à-dire libres et transparentes contre Cellou Dalein Diallo et ses alliés. C’est la raison pour laquelle le pouvoir cherche des poux sur sa tête très bien rasée. Et lui Cellou Dalein Diallo n’arrive pas à comprendre que nombre de ses principaux ennemis se trouvent au sein des forces vives et de ce truc appelé Union sacrée. Si Doumbouya ne fait pas comme ATT en 2012 au Mali, c’est parce que beaucoup d’organisations sociopolitiques du pays, qui ne pèsent rien sur le paysage politique, lui font la cour… lui font croire qu’il vont s’investir pour le faire gagner. Alors si Cellou Dalein ne rectifie pas le tir, il faudrait bien être certain que l’OIF et le gouvernement français vont aider Doumbouya. C’est le temps d’agir et non de rentrer au pays… Il n’y a aucune urgence pour ça... »
Mamadou Alpha BAH
