Contre La sansure

Bah Oury, l’héritier de la haine, et Bogola, le ministre du magbana d’État

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Le peuple de Guinée n’avait pas besoin de clowns pour rire de sa misère, mais le gouvernement de Bah Oury s’est autoproclamé troupe de théâtre.
Un Premier ministre devenu l’héritier de la haine, toujours prompt à ressasser un « lourd héritage » qu’il brandit comme bouclier dès que sa propre faillite éclate au grand jour. À croire que l’homme ne connaît qu’une phrase : “c’est la faute aux autres”. Quand ça marche, il s’accroche au CNRD comme une sangsue. Quand ça échoue, il invoque Alpha Condé pour se défausser. Historien du dimanche, procureur sans tribunal, Bah Oury ne gouverne pas : il ressasse, il recycle, il rumine.
Le summum du cynisme ? Il l’a atteint à Manéah. Alors que la terre avalait des maisons, que des familles pleuraient leurs morts, Bah Oury a trouvé le moyen de répéter sa rengaine : “lourd héritage”. Non, Monsieur le Premier ministre, les veuves de Manéah n’avaient pas besoin de vos obsessions maladives. Elles avaient besoin d’un État secourable. Vous n’étiez pas attendu comme procureur des douleurs, mais comme serviteur du peuple. Vos mots étaient de trop : les larmes de Manéah suffisent à vous enterrer politiquement.
Et pour compléter le spectacle, voici Bogola Haba, désormais surnommé le ministre du magbana d’État. Interpellé après l’humiliation du CHAN, il sort l’excuse la plus ridicule de l’année : “la faute à ceux qui ont liquidé nos avions”. Et pour couronner le tout, il compare la location d’un avion à l’étranger à la location d’un magbana à Conakry. Voilà un ministre qui confond l’aéroport international de Conakry avec la gare routière de Madina. Niveau zéro de l’État, niveau boue de l’incompétence.
Pendant que la Guinée s’enfonce dans la faim, l’insécurité et les catastrophes, Bah Oury et Bogola nous servent un duo pitoyable :
l’un, héritier de la haine, incapable de compassion, obsédé par son disque rayé ;
l’autre, ministre du magbana d’État, qui transforme chaque fiasco en sketch ridicule.
Non, messieurs :
Le lourd héritage, c’est VOUS.
Le magbana de l’incompétence, c’est VOUS.
La faillite d’un État livré à des improvisateurs, c’est VOUS.
À force de se dérober derrière des excuses et des comparaisons absurdes, vous avez déjà scellé votre sort : un cercueil politique à deux places, drapé de ridicule, que l’histoire de la Guinée n’aura même pas besoin de porter en terre. Elle le laissera traîner sur le trottoir du mépris.
Alpha Issagha Diallo
Écrivain, témoin du réel
Chroniqueur acerbe
Ennemi intime des imposteurs
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