Boutons au visage et acné : ce que vous devez absolument faire et surtout ne jamais faire, selon le Dr Ibrahima Ndiaye
Le Dr Ibrahima Ndiaye, figure majeure de la dermatologie au Sénégal, installé à Dakar depuis près de trente ans, tire aujourd’hui la sonnette d’alarme. Ancien président de la Société sénégalaise de dermatologie-vénérologie et de l’Association des dermatologues privés, il a vu défiler des générations de patients… et une explosion inquiétante des maladies de peau, particulièrement chez les enfants et les jeunes adultes.
Pour lui, la situation actuelle mérite une vigilance maximale.
Selon le spécialiste, les fortes chaleurs et l’humidité créent un terrain idéal pour les infections cutanées hivernales chez les enfants : piodermites, surinfections, mycoses, irritations sous les seins, entre les cuisses ou encore démangeaisons persistantes. « La sueur, la promiscuité, l’eau de pluie… tout cela réveille les microbes », explique-t-il. Résultat : les cas explosent dès que la météo s’emballe, et les familles, souvent démunies, ne savent pas toujours vers qui se tourner.
Mais c’est sur l’acné que le Dr Ndiaye se montre le plus alarmiste. Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas qu’un problème d’adolescents ni un simple « trouble génétique ». Certaines personnes ont une peau naturellement grasse, à tendance acnéique, où le sébum, au contact des microbes, déclenche des poussées sévères sur le visage, la poitrine et le dos. « On ne doit jamais négliger l’acné, insiste-t-il. Les faux traitements et les improvisations aggravent souvent la situation. Il faut consulter. »
Il se rappelle qu’au milieu des années 1990, la dermatologie était quasi inexistante au Sénégal. « On pouvait compter les dermatologues sur les doigts de la main. Tout le monde partait se soigner à l’étranger. » L’ouverture d’une formation spécialisée à l’UCAD a changé la donne : plus d’une centaine de dermatologues exercent aujourd’hui dans toutes les régions, rendant les soins plus accessibles et mettant fin à l’errance médicale de l’époque.
Cependant, tout ne peut pas être réglé en pharmacie. Certaines maladies de peau nécessitent du matériel spécialisé et l’expertise d’un professionnel. « Les verrues, la cryothérapie, les lésions complexes… ce ne sont pas des traitements de comptoir. » Pour lui, la dermatologie est une discipline délicate où l’automédication peut virer au désastre.
Le dernier avertissement du Dr Ndiaye est clair, presque brutal : stop aux produits vendus sur les réseaux sociaux. Les mélanges de savons, crèmes blanchissantes, sérums non identifiés et formules miraculeuses sont un poison moderne. « Les patients détruisent leur peau avant même d’arriver chez nous », déplore-t-il. Aujourd’hui, plus que jamais, il appelle la population à protéger sa peau, consulter tôt… et éviter les pièges du marché cosmétique sauvage.
