CELLOU DALEIN DIALLO DANS L’ESPRIT D’UN SANKARA MODERNE
Il existe des moments où la vérité n’a pas besoin de rugir. Elle entre dans la pièce, se tient droite, et les menteurs perdent leur voix.
Cellou Dalein Diallo est apparu ainsi : chemise kaki, casquette claire, le style des hommes qui n’ont plus besoin de prouver qu’ils se battent.
Aucun clinquant. Aucun garde. Aucun vacarme.
Juste la dignité nue, l’arme la plus dangereuse contre les régimes qui vivent de tromperie.
La Guinée suffoque sous la propagande. Les libertés sont piétinées. La souveraineté est confisquée. La peur a été transformée en politique d’État.
Face à ce décor de soumission organisée, il a parlé comme parlent les hommes qui n’ont pas peur de perdre : calmement, mais comme on arrache un voile.
« Nous ne participerons pas à la mascarade. Ni directement, ni indirectement. »
Ce ne sont pas des mots.
C’est un acte. C’est une frontière dressée entre la dignité et la résignation. Entre la République et la parodie. Entre l’avenir et la chute.
Il a accusé sans insulter. Dénoncé sans crier. Résisté sans fléchir. Il a rappelé au pays que la lutte n’est pas un exercice de communication : c’est un engagement qui exige la droiture.
Et soudain, la junte s’est retrouvée nue. Sans prétexte, sans caution, sans rideau.
Nous vivons dans un pays où les bourreaux se maquillent en sauveurs, où les coupables se prennent pour des réformateurs, où la force brutale tente de se déguiser en autorité.
Mais là, la vérité a pris la parole. Elle portait une chemise simple. Elle regardait la caméra. Elle ne tremblait pas.
Cellou Dalein Diallo n’a pas seulement rejeté une élection. Il a rappelé que la souveraineté n’est pas à vendre, la dignité n’est pas à négocier, et la liberté n’est pas un privilège : c’est un droit.
Et comme l’aurait dit Sankara : « Quand le peuple se dresse, les imposteurs s’effondrent. »
