Ultimatum de l’intersyndicale SNE-FSPE : « Si aucun accord n’est trouvé, la grève sera déclenchée le 20 avril 2026 »
Alphonse Iffono

Trois mois après la signature du protocole d’accord entre le gouvernement et les syndicats de l’éducation, la tension remonte d’un cran. Réunis en assemblée générale ce samedi 11 avril 2026 à la Bourse du travail, les membres de l’intersyndicale FSPE-SNE ont exprimé leur exaspération face à la lenteur de la mise en œuvre des engagements pris.
Au centre des préoccupations : l’application du protocole signé le 3 janvier 2026, dont les mesures tardent à se concrétiser, alimentant frustration et colère au sein du corps enseignant.
Devant une salle comble, le secrétaire général du Syndicat national de l’éducation (SNE), Michel Pépé Balamou, a annoncé une rupture avec le Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG), accusé de ne plus défendre les intérêts des enseignants. « Nous sortons de cette salle avec des résolutions fermes et claires. Première résolution : l’intersyndicale de l’éducation FSPE-SNE n’est plus prête à travailler avec le SLECG, qui ne défend plus les intérêts matériels et moraux des enseignants mais s’associe au gouvernement pour maintenir les enseignants dans la misère et la précarité », a-t-il déclaré.
Au-delà de cette fracture syndicale, l’intersyndicale a adressé un ultimatum aux autorités, assorti d’un moratoire courant jusqu’au vendredi 17 avril 2026 afin de permettre au Premier ministre Amadou Oury Bah de se saisir du dossier. « Deuxième résolution : nous accordons au gouvernement un moratoire qui court jusqu’à vendredi prochain, afin que le Premier ministre Amadou Oury Bah examine le dossier et que les conclusions issues du protocole du 3 janvier 2026, notamment la mise en place des trois commissions, soient effectives à partir de lundi prochain », a précisé Michel Pépé Balamou.
Le ton s’est durci à mesure que l’assemblée avançait. L’intersyndicale prévient qu’en l’absence d’actes concrets, la grève pourrait reprendre sans préavis. « Si d’ici vendredi les arrêtés conjoints ne sont pas signés et les trois commissions ne sont pas mises en place, nous convoquerons une assemblée générale extraordinaire. Nous n’aurons même pas besoin de préavis : la grève déclenchée le 1er décembre 2025 n’a été que suspendue. Un simple communiqué de levée des suspensions suffira pour qu’elle reprenne lundi prochain. Retenez bien cette date : lundi 20 avril 2026 », a-t-il insisté.
L’échéance est désormais fixée. « Si du lundi 13 au vendredi nous ne trouvons pas de terrain d’entente et que les commissions ne travaillent pas, croyez-moi, la grève sera déclenchée à partir du lundi 20 avril 2026 », a conclu le responsable syndical.
