Contre La sansure

Comment mettre fin aux traits habituels inquiétants de l’Etat guinéen ? (Par Aissatou Cherif Baldé-Diallo).

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Pauvreté, insécurité, sous-emploi, chômage, partis politiques condamnés à ne servir que du « faire-valoir », système de santé défaillant, éducation nationale émiettée, moyen de transport public inexistant, déguerpissements arbitraires, logements inaccessibles, logements sociaux et moyens de transport public inexistants, société civile persécutée, victimes des crises et conflits, immigration mortelle, incivisme, ethnicité, déportation arbitraire, corruption, division, injustice, impunité, transhumance politique, dépendance économique, manque d’eau, d’électricité, l’auto-infantilisation, dette sont les traits inquiétants de l’Etat guinéen.

En effet, la Guinée est un pays à équations multiples qui n’a jusqu’ici pratiqué qu’une démocratie de l’imposture, celle qui défigure le sens des mots et qui installe les maux de toute nature : ➖Injustice constitutionnelle, ➖déni de justice constitutionnelle, ➖contentieux sans juge impartial et indépendant, ➖accaparement des biens publics, népotisme,➖ détournement de pouvoir et de fonction.

Et cette litanie est simplement indicative.

C’est la déliquescence de l’Etat  qui constitue la marque de fabrique et le signe distinctif de la situation qui a jusque-là prévalu en Guinée.

C’est un État qui n’existe pas !

Pourtant on peut inverser cette situation difficile, en osant purger l’administration entière de ses démons et en changeant de perspective ou d’approche, avec des propositions concrètes telles que la création de l’emploi-jeune, en misant sur l’autonomisation de la jeune femme et sur une politique efficace de l’emploi calquée des réalités du pays.

Création de l’emploi pour la jeunesse doit être une priorité

Cependant pour inverser cette situation, la Guinée  de maintenant et de demain, dans la prospérité et la solidarité, passe par une transformation sociale, économique et structurelle qui s’articule autour de l’unité nationale, la démocratie et la bonne gouvernance pour une économie dynamique pouvant créer le plein emploi pour les jeunes.

On peut commencer à travers des gouvernants compétents et alignés sur une vision claire et un leadership audacieux,  relever les échecs des tenants du pouvoir en matière de politique d’emploi, en passant par:

  • l’éducation et la formation tout au long de la vie;
  • assurer l’adéquation entre la formation et l’emploi;
  • la mise en place d’un dispositif d’appui ciblé à l’auto-emploi en vue de la réduction du sous-emploi et de la migration du secteur informel vers le secteur formel;
  • assurer l’égalité dans l’emploi tout en promouvant une discrimination positive.

La jeune femme doit être au cœur des préoccupations de l’État 

Par ailleurs, il faudra impérativement mettre la jeune femme guinéenne au cœur des  priorités de  l’Etat, car celle-ci constitue à elle seule un indicateur de vulnérabilité notamment pour nos concitoyennes vivant dans le monde rural.

La précarité dans laquelle évolue cette frange de la population est préoccupante au regard des dépenses de prestige qui engagent impunément nos dirigeants.

Or, la jeune femme doit être un vecteur de développement en même temps que socle de la famille guinéenne.

Toute politique de développement devrait faire de ce segment, un levier essentiel pour combattre et éradiquer la pauvreté et cela sera possible que par:

  • le renforcement de son autonomie financière, par la promotion de l’entrepreneuriat féminin dont la finalité sera de favoriser son insertion dans le circuit économique pour en faire un véritable moteur de la croissance ;
  • l’accompagnement et l’encadrement des organisations de femmes en matière de formation ;
  • la promotion des structures financières décentralisées et la création d’une Banque des Femmes pour un accès plus facile au financement de leurs activités et projets.

Une politique efficace en matière emploi pour inverser la courbe du taux d’emploi informel  est nécessaire 

Pour construire donc la Guinée de demain et mettre fin à ces convulsions, on doit en tant qu’ État avoir la volonté ferme de devoir indiquer aux Guinéens les voies et les moyens susceptibles d’en venir à bout de ces problèmes, et donc de créer les conditions de l’émergence, ultime étape vers le développement.

On cherchera à réaliser ne fût- ce qu’en partie cet engagement en passant par une politique efficace en matière emploi pour inverser la courbe du taux d’emploi informel et de sous emplois, qui demeure encore trop fort en Guinée.

La crise de l’emploi-jeune s’est amplifiée d’ailleurs ces dix dernières années en Guinée.

La Guinée doit impérativement se construire autour de l’idée que «l’identité sociale d’une personne se fait par le travail. Je suis quelqu’un parce que j’ai un métier».

Et c’est cette mentalité qui fait entre autres qu’en Allemagne, le taux de chômage des jeunes de (15-24 ans) est le plus bas d’Europe. Il est à 7,1%, près de trois fois inférieur à son équivalent français.

Avec de telles performances économiques, aucun jeune guinéen ne prendra le chemin de l’immigration mortelle pour périr dans les tréfonds de la méditerranée avec l’indifférence totale des États africains et de l’Europe.

Source: https://african-panorama.com/

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