Corruption d’agent public, Alphonse Charles Wright serait-il au-dessus des lois guinéennes ? Alseny Farinta CAMARA
Dans une série de décrets lus à la radio télévision guinéenne le mardi 03 février 2026, le président Mamadi Doumbouya a nommé l’ancien Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Alphonse Charles Wright, premier président de la Cour d’Appel de Conakry, malgré un dossier de dénonciation pour des faits présumés de corruption d’agent public, de prise illégale d’intérêts et de blanchiment d’argent devant la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF).
Pour rappel, l’ancien ministre d’État, ministre de la Justice, Garde des Sceaux et des Droits de l’Homme, Alphonse Charles Wright, avait organisé un point de presse à son domicile privé dans la soirée du samedi 2 mars 2024 pour clarifier certaines choses autour d’une affaire familiale et étatique devant un parterre de journalistes. Au cours de son point de presse, il a informé le peuple de Guinée, dans un exercice de transparence, avoir bénéficié d’avantages venant de l’homme d’affaires Kerfalla Camara KPC, président directeur général du Groupe GUICOPRES. Il a déclaré avoir restitué les clés de la maison que M. Camara avait mise à sa disposition, dès lors qu’il avait perçu une attitude désobligeante de ce dernier à son égard. Il aurait fermement demandé à l’homme d’affaires d’arrêter de payer le loyer pour sa famille en France, arguant fièrement de sa propre honnêteté.
C’est d’autant plus clair que nous avons des éléments irréfutables qui montrent que l’ancien ministre d’État, Charles Wright, recevait des soutiens matériels et financiers de la part de l’entrepreneur Kerfalla Camara KPC, dont le principal client est l’État guinéen. Le point de presse de Charles Wright ne constituait-t-elle pas une preuve palpable de corruption d’agent public, de prise illégale d’intérêt et de blanchiment d’argent ?
À cet effet, il ressort de ses explications comme l’as dit un autre que, d’une part, « l’ancien ministre Charles Wright, crédité d’une prétendue bonne réputation, et, de l’autre, l’entrepreneur Kerfalla Camara KPC, qui bénéficie de marchés publics au Ministère de la Justice et d’autres départements, pourraient avoir un deal compromettant aux yeux du peuple de Guinée. Il me semble important de s’interroger sur les raisons pour lesquelles Kerfalla Camara KPC a parrainé l’exil de la famille du ministre Charles Wright en France ? Pour quel service versait-il mensuellement 5 000 euros, soit 50 000 000 GNF, à Mme Wright Aïssata Kaba ? Pourquoi aurait-il acheté un appartement pour la famille de Charles Wright en France, et d’où provient l’argent de cet achat ? » fin de citation.
En tant que citoyen profondément attaché à la moralisation de la vie publique, aux principes d’une gouvernance transparente et responsable dans la gestion des affaires étatiques, j’ai déposé une dénonciation et faisceaux de preuve sous le N° : 073 en date du 05 avril 2024 au bureau du procureur spécial près de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF) contre l’ancien ministre Charles Wright pour des faits présumés de corruption d’agent public, de prise illégale d’intérêts et de blanchiment d’argent afin que la justice guinéenne donne une suite légale à cette affaire et de faire valoir mes droits. Malheureusement, des interrogations persistent, pourquoi aucune notification sur l’ouverture d’une enquête sérieuse n’a été signifiée au peuple de Guinée ?
Est-ce que cette dénonciation est classée sans suite comme ce fut le cas des autres ?
Pour l’exemplarité et l’honorabilité de la justice guinéenne, je plaide au nom de la société civile guinéenne pour le limogeage immédiat de l’ancien Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Alphonse Charles Wright devenu impunément le premier président de la Cour d’appel de Conakry.
Alseny Farinta CAMARA
Acteur de la société civile Guinéenne E-mail : Alsenyfarinta@gmail.com
