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Corruption: l’Angola exige le retour d’avoirs hébergés à l’étranger

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À l’occasion de l’ouverture de l’année judiciaire en Angola, la lutte contre la corruption était au centre des discours. Le président João Lourenço en fait son combat personnel, visant notamment des proches de l’ancien régime Dos Santos, et n’hésite pas pour cela à mener la lutte au-delà des frontières. La justice angolaise interpelle plusieurs pays étrangers, exigeant le retour d’avoirs provenant de la corruption. Parmi ces pays, le Portugal, ancienne puissance coloniale, a rendu 3 millions de dollars, d’après Luanda.

Parmi les personnes visées par l’Angola figure l’entrepreneur Carlos São Vicente, un proche de la famille Dos Santos, condamné à 9 ans de prison. Ses actifs, hébergés au Portugal, font partie des trois millions de dollars rendus à Luanda, sur les 20 millions réclamés à l’ancienne puissance coloniale, d’après João Lourenço. « Nous exigeons que ces actifs soient restitués à leur légitime propriétaire, l’État angolais, a déclaré le président du pays. Certains fonds hébergés au Portugal nous ont été rendus. Il nous faut maintenant intensifier la coopération avec les autres pays. Nous avons besoin de ces ressources pour construire des écoles, des hôpitaux, des routes et autres infrastructures nécessaires pour le développement de notre pays ».

La Suisse, les Bermudes, les Émirats arabes unis ou encore Chypre : autant de pays interpellés par Luanda, qui abriteraient au total 2 milliards de dollars.

«Cela ne va pas aussi vite que nous le souhaiterions»

Pour atteindre son objectif, l’Angola devra composer avec les procédures légales des pays concernés, ce qui complique le processus, reconnaît le procureur général Hélder Pitta Grós : « Nous sommes en contact permanent avec ces juridictions mais il faut qu’on respecte leurs formalités, et cela ne va pas aussi vite que nous le souhaiterions. »

Certains cadres du parti au pouvoir sont également concernés. En décembre, le général Higino Carneiro a été arrêté pour détournement de fonds publics, d’après le parquet. Quelques mois après avoir annoncé sa candidature à la succession du président João Lourenço.

L’Angola occupe la 120e place sur 180 pays dans l’indice de corruption, selon le dernier rapport de Transparency International. Ses élections générales sont prévues d’ici août 2027.

Par :RFI

https://www.rfi.fr/fr/afrique

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