Contre La sansure

Côte d’Ivoire, Guinée et Centrafrique: les élections sont passées, et maintenant?

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C’était week-end de votes en Côte d’Ivoire, en Centrafrique et en Guinée. Sur les berges de la lagune Ebrié, les Ivoiriens étaient appelés à désigner les députés qui animeront l’Assemblée nationale pour les cinq prochaines années de mandat législatif.

En dehors d’indépendants, dissidents du parti au pouvoir ou ayant refusé de se plier au boycott décrété par le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire, le PPA-CI de l’ancien président Laurent Gbagbo, ces élections étaient essentiellement, comme lors de la présidentielle d’octobre dernier, un duel entre le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP-pouvoir) et le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-opposition).

Et comme un remake de la victoire écrasante, 89,77%, de son candidat Alassane Ouattara à la présidentielle, c’est vers un raz-de-marée que se dirige le RHDP qui a déjà largement obtenu la majorité absolue, alors que les résultats annoncés ce soir dimanche, suite aux votes du samedi 27 décembre, ne représentaient que les 2/3 des 255 sièges à pourvoir. Preuve s’il en fallait encore, du règne presque sans partage du parti présidentiel sur la vie politique ivoirienne, depuis près de deux décennies. Jusqu’à quand?

Question qui demeurera sans réponse, tant que le PPA-CI continuera à bouder les élections, que le PDCI n’aura pas de plan B alors que son président Tidjane Thiam est inéligible sur décision de la justice de son pays, et que le RHDP n’ouvrira pas réellement le jeu politique pour permettre à ses adversaires de se mesurer à lui, à armes plus ou moins égales!

En Centrafrique, l’élection de ce dimanche 28 décembre était plus complexe, car quadruple, regroupant la présidentielle, les législatives, les régionales et les municipales, mais s’est déroulée dans le calme. Seul bémol pour ces scrutins historiques, des irrégularités, notamment le retard accusé lors du démarrage des votes ont été dénoncés par des électeurs dont certains ne retrouvaient pas leurs noms dans le centre où ils se sont, pourtant, faits recenser. Erreur ou acte délibéré des organisateurs des élections pour laisser à quai des militants d’autres partis?

En tout cas, c’est un secret de polichinelle, le président de la république sortant est le super favori de la présidentielle qui se présente comme l’élection vedette. Faustin-Archange Touadéra, en route pour se succéder à lui-même pour la troisième fois et ses militants se targuent d’un bilan élogieux, non seulement sur les plans économique et diplomatique, mais également au volet social, dans une Centrafrique où la paix, n’est certes pas réalité sur tout le territoire, mais est bien présente, contribuant à la mise en route effective de nombre de chantiers de développement. De plus, même si certains récriminent contre le pouvoir pour les avoir empêchés de mener campagne dans des conditions normales, des poids lourds de l’opposition, dont les deux anciens Premiers ministres, Anicet-Georges Dologuélé et Henri-Marie Dondra ont pu s’aligner contre l’Archange de Bangui.

 »… après cette élection bien contrôlée par le régime Doumbouya, qui se donne une virginité par les urnes, les Guinéens espèrent vivre une autre ère moins étouffante.’

Une chance que n’ont pas eu les poids lourds de l’opposition guinéenne. Pour s’assurer de reprendre en tant que civil, le pouvoir qu’il a arraché suite au coup d’Etat du 5 septembre 202, le général Mamadi Doumbouya a pris le soin de faire le nettoyage autour de lui, contraignant ses opposants à l’exil. Le président déchu, Alpha Condé, et les deux anciens Premiers ministres, Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré, ont dû suivre, en spectateurs, loin de leur pays, cette élection présidentielle présentée comme la fin de la transition politique élastique et fermée imposée à la Guinée par le général Mamadi Doumbouya. Question: avec les mêmes au pouvoir, sauf tsunami, n’assistera-t-on pas à une suite de la transition?

En tout cas, après cette élection bien contrôlée par le régime Doumbouya, qui se donne une virginité par les urnes, les Guinéens espèrent vivre une autre ère moins étouffante.

Par Wakat Séra  

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