Côte d’Ivoire: le retour des pays de l’AES dans la CEDEAO au cœur des échanges entre Ouattara et Dramani Mahama
Le retour des pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) que sont le Burkina Faso, le Mali et le Niger, dans la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a été au cœur des échanges entre le président ivoirien Alassane Ouattara et son homologue ghanéen, John Dramani Mahama, en visite d’amitié et de travail à Abidjan, ce mercredi 5 mars 2025.
Suite à sa visite d’amitié et de travail à Abidjan, ce mercredi 5 mars 2025, le chef de l’Etat ghanéen, John Dramani Mahama et son hôte du jour, le président ivoirien Alassane Ouattara, ont animé une conférence de presse conjointe pour donner de plus amples informations sur leurs échanges. D’entrée de jeu, le président Alassane Ouattara a réitéré ses félicitations à son homologue pour son accession à la magistrature suprême et lui a souhaité plein succès dans ses fonctions.
« La Côte d’Ivoire et le Ghana sont deux pays frères et amis qui entretiennent des relations excellentes et historiques », a déclaré M. Ouattara qui a salué le président John Dramani Mahama pour avoir effectué sa première sortie à l’extérieur pour une visite d’amitié et de travail dans son pays. « Je tiens donc à vous réitérer mes sincères remerciements pour ce privilège que vous avez voulu accorder à la Côte d’Ivoire et qui témoigne de l’intérêt que vous portez à la coopération entre nos deux pays », a-t-il soutenu.
Le président ivoirien a indiqué qu’il a eu « un excellent entretien » avec son homologue au cours duquel ils ont abordé des sujets d’intérêt commun, notamment dans les domaines de la défense, de la sécurité, de l’économie du cacao dont les deux pays sont les premiers producteurs avec « plus de 60% de la production mondiale », des mines, des énergies, ainsi que les grands chantiers de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), tels que les questions de corridor ou de la monnaie commune qu’est l’ECO.
S’agissant de la coopération bilatérale, « nous avons réaffirmé notre volonté commune de soutenir l’initiative Cacao-Côte d’Ivoire-Ghana et de renforcer la coopération entre le Ghana et la Côte d’Ivoire dans le domaine des mines et des énergies, de la lutte contre l’orpaillage illégal et de la surveillance de la qualité des eaux, parce qu’évidemment, ces rivières qui traversent nos deux pays ont des conséquences néfastes pour la population du Ghana et de la Côte d’Ivoire », a laissé entendre Alassan Ouattara qui a enchaîné qu’ils sont également engagés à soutenir et à œuvrer à la mise en œuvre de l’accord de partenariat stratégique Côte d’Ivoire-Ghana.
Selon les conférenciers du jour, la situation sécuritaire dans la sous-région « demeure très préoccupante ainsi que la situation sociopolitique dans certains pays du Sahel ». « Nous avons noté la nécessité d’apporter une assistance à ces pays frères pour leur permettre de faire face aux besoins humanitaires et sécuritaires. Nous vous faisons confiance, monsieur le président, pour que, à l’occasion de vos entretiens avec ces pays frères, vous puissiez les convaincre de rester dans la CEDEAO, car il y va de l’avenir des peuples de l’Afrique de l’Ouest », a affirmé M. Ouattara, pour qui, ils ont aussi souligné la nécessité de renforcer la coopération de leurs gouvernements en matière de sécurité et de défense en vue de garantir la paix et la stabilité en Afrique de l’Ouest.
Les deux chefs d’Etat ont assuré voir également longuement échanger en vue de « lutter efficacement contre le réchauffement climatique, le terrorisme, la piraterie maritime et toutes les formes de trafic dans la sous-région ».
« Je pense que nous devons continuer à travailler ensemble, la Côte d’Ivoire et nous. J’ai noté bien entendu, monsieur le président, les préoccupations que vous avez énumérées, notamment le problème de nos pays frères, de l’AES, que nous allons essayer de traiter avec la meilleure manière parce qu’en Afrique lorsque la maison de votre voisin brûle, vous ne vous réjouissez pas, mais vous aidez plutôt à éteindre le feu afin qu’il n’atteigne pas votre maison », a déclaré John Dramani Mahama qui a martelé qu’ils « veulent travailler à changer les choses ».
John Dramani Mahama a signifié que l’orpaillage clandestin est un problème commun parce que cela impacte les deux pays. « Surtout qu’au Ghana, nous avons 44 réserves de forêts qui ont été touchées et surtout aussi nos réserves d’eau qui sont impactées par l’effet de l’orpaillage clandestin. Cela impacte et produit aussi des effets du changement climatique sur nos deux pays, parce que le climat en Côte d’Ivoire et le climat au Ghana sont les mêmes », a-t-il appuyé.
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