Crise financière à la commission de la CEMAC : suspension provisoire des activités
La Commission de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), pilier de l’intégration régionale, fait face à une crise de trésorerie qui l’oblige à suspendre temporairement ses activités, rapporte RFI.
Pour réduire les dépenses, la Commission met en pause les réunions administratives et les missions officielles non essentielles prévues au budget 2026. Le président Balthazar Engonga qualifie cette décision de mesure de gestion interne et de rigueur budgétaire.
L’économiste Djimadoum Mandekor, ancien directeur à la Banque des États d’Afrique centrale (BEAC), n’est pas surpris par cette tournure. Il révèle que certains fonctionnaires n’ont pas été payés depuis deux mois, et que le vice-président a visité quatre pays sans obtenir de fonds supplémentaires.
La racine du problème réside dans la taxe communautaire d’intégration (TCI), principale source de financement de la CEMAC, prélevée sur les importations. Les États membres ne reversent pas systématiquement ces ressources, les conservant souvent pour leurs propres besoins. Djimadoum Mandekor explique que cela reflète les difficultés financières des pays eux-mêmes. En 2025, moins de la moitié de la TCI a été recouvrée par la Commission.
Pour remédier à cela, l’institution appelle à l’instauration d’un mécanisme autonome de prélèvement, hors budgets nationaux. Seul le Gabon l’a mis en place, versant 10,5 milliards FCFA en 2025. Aucun chiffre n’est disponible pour les autres États.
Cette pause forcée risque de causer des retards sur des projets clés, tels que les infrastructures régionales, la libre circulation des biens et des personnes, ou l’intégration économique globale. Néanmoins, les activités hautement stratégiques, comme celles liées à la souveraineté monétaire ou aux engagements internationaux, seront maintenues.
Aristide Nguemadji

