Contre La sansure

Décision de la CAF: la Comédie Africaine de Football, ça finit quand?

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Après avoir perdu la finale de sa Coupe d’Afrique des Nations, jouée contre le Sénégal le 18 janvier, le Maroc se voit offrir le trophée par la Confédération africaine de football (CAF) sur une décision ahurissante. Les patrons du football africain ont, simplement dépossédé le gagnant sénégalais, de son titre pour le donner au perdant marocain, sous le prétexte d’un forfait inexistant, car le match est bien allé jusqu’à son terme, conclu même par des prolongations épiques. Mais, à la CAF, le temps additionnel a duré deux mois! Car, ce sont 60 jours qui se sont écoulés après la victoire héroïque des Lions de la Teranga, avant que le président Patrice Motsépé et son équipe disciplinaire se rendent compte que les Sénégalais ne méritaient pas ce trophée qu’ils ont pourtant conquis de haute lutte, sur le terrain sportif.

Certes, des joueurs sénégalais, avaient quitté le terrain avant le coup de sifflet final, mais ils y sont également revenus avant le dernier coup de sifflet de l’arbitre congolais qui a même eu le loisir de faire jouer le pénalty marocain que les Sénégalais ont contesté. Mieux, les premiers responsables de la CAF et de la FIFA, accompagnés du prince Moulay Rachid, représentant son père, le roi Mohamed VI, étaient les témoins oculaires, même s’ils ne voulaient pas s’en montrer des acteurs, de la cérémonie officielle de remise de médailles et de la coupe qui a bouclé la boucle de cette 35e édition de la CAN. Quelle mouche a donc piqué la CAF?

La question revient, implacable: et si le pénalty du Marocain Brahim Diaz n’avait pas été arrêté par le portier sénégalais Edouard Mendy et que Pape Gueye, lui, n’avait pas inscrit, au bout d’une belle chevauchée, ce but qui a donné la victoire fêtée par tout un peuple, qui venait de décrocher la deuxième étoile continentale de son histoire? Malgré les articles 82 et 84 d’un règlement brandi par la CAF, il n’y aurait certainement pas eu ce «forfait», imputé à tort au Sénégal pour le dépouiller de son titre. Mais «qui veut noyer son chien l’accuse de rage», dit le proverbe. Et c’est de ce «forfait» inexistant, d’un match joué du début jusqu’à la fin par deux valeureuses équipes, que la CAF argue pour déchoir le roi sénégalais de l’Afrique de sa couronne.

Pourtant, rien ne justifie cette bataille, pour ne pas dire pagaille juridique, les faits étant irréfutables que de «forfait», rien n’en n’a été! C’est donc en toute logique et malheureusement avec le sentiment de grande frustration qui est leur actuellement, que les joueurs, le peuple et les dirigeants sénégalais, qui n’ont montré aucune réticence à exécuter les amendes et autres sanctions infligées par la CAF, comptent porter cette affaire rocambolesque, voire ubuesque, devant le Tribunal arbitral du sport (TAS). L’Etat sénégalais va plus loin et demande, ni plus ni moins, une enquête internationale sur la corruption au sein de la CAF.

En tout cas, quelle que soit l’issue de cette affaire, c’est le football africain qui en sortira assommé, un coup dont il se relèvera avec beaucoup de peine. C’est surtout la CAF, suvent mal inspirée de Patrice Motsépé qui se sera encore illustrée négativement! En attendant la décision du TAS, le continent se retrouve avec ses champions d’Afrique sur le terrain, les Lions sénégalais, et les champions d’Afrique sur tapis vert, les Lions de l’Atlas!

A quand la fin de la Comédie Africaine de Football, pour en emprunter à cette appellation vue sur les Réseaux sociaux?

Par Wakat Séra

https://www.wakatsera.com/

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