Contre La sansure

Deux pilotes américains et un jet privé bloqués à Conakry, Une escale qui tourne au cauchemar judiciaire

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Près de deux mois après leur atterrissage nocturne à l’aéroport international Ahmed-Sékou-Touré, deux pilotes américains restent immobilisés dans la capitale guinéenne. Leur jet privé, saisi par les autorités, et leur liberté conditionnelle ne leur permettent toujours pas de quitter le pays. Cette affaire, qui mêle violation présumée de l’espace aérien et enjeux diplomatiques, suscite interrogations et tensions discrètes entre Washington et Conakry.

Les faits : un atterrissage non autorisé dans la nuit du 20 décembre 2025

Fabio N. (bientôt 34 ans)

Tout commence dans la nuit du 20 décembre 2025, peu après minuit. Un jet privé, affrété par la société américaine Airchoice, atterrit sans autorisation préalable à Conakry. À son bord : deux pilotes américains, Fabio N. (bientôt 34 ans) et Schenkler S. (63 ans), ainsi qu’une famille de passagers brésiliens.

Selon les autorités guinéennes, cet atterrissage constitue une violation de l’espace aérien et une atteinte à la défense nationale. Les pilotes sont immédiatement interpellés par les forces de sécurité et placés en détention. L’appareil est immobilisé sur le tarmac et saisi.

Les pilotes affirment avoir demandé une escale technique pour ravitaillement, dans le cadre d’un vol entre le Surinam et Dubaï. Une version catégoriquement démentie par l’Aviation civile guinéenne, qui n’a reçu aucune demande préalable ni plan de vol conforme.

Près de trois semaines en prison, puis une liberté sous contrôle judiciaire

Les deux hommes passent près de trois semaines en prison à Conakry. Le 26 janvier 2026, la cour d’appel accorde enfin une liberté sous contrôle judiciaire : ils ne sont plus incarcérés, mais leurs passeports ont été confisqués, ils ont interdiction de quitter le territoire guinéen, et le jet privé reste saisi.

À ce jour, début février 2026, la situation n’a pas évolué. Les pilotes vivent toujours à Conakry, dans l’attente de la suite de la procédure judiciaire. Leur avion, cloué au sol, empêche tout départ. L’affaire est suivie de près par l’ambassade des États-Unis, qui intervient discrètement pour tenter de débloquer la situation.

Pourquoi une telle fermeté des autorités guinéennes ? 

Contexte sécuritaire : La Guinée applique des règles strictes sur les vols privés, surtout la nuit, dans un environnement régional marqué par des tensions (trafics, menaces jihadistes, surveillance des espaces aériens).

Absence de coordination préalable : L’atterrissage sans préavis ni autorisation claire est perçu comme une atteinte à la souveraineté.

Enjeux diplomatiques : Sous le CNRD (Comité national du rassemblement pour le développement), Conakry se montre très attachée à l’affirmation de son autorité, y compris dans le domaine aérien.

Aucune information publique ne fait état de soupçons plus graves (trafic, espionnage, etc.). Il s’agirait donc d’une infraction procédurale, mais traitée avec la plus grande rigueur.

Perspectives : vers une résolution diplomatique ?

L’affaire reste en suspens. Le3s pilotes, toujours sous contrôle judiciaire, espèrent une levée rapide des restrictions. Du côté américain, des discussions discrètes sont probablement en cours pour obtenir la restitution des passeports et la libération de l’appareil.

En attendant, Fabio N. et Schenkler S. restent bloqués dans la capitale guinéenne, symbole d’une escale technique qui a viré au bras de fer judiciaire et diplomatique.

Cette histoire rappelle que, même pour des vols privés, les règles de survol et d’atterrissage en Afrique de l’Ouest sont devenues extrêmement sensibles dans le contexte actuel.

Aux dernières nouvelles, selon New York Post, ces deux pilotes américains demandent ”l’implication de leur président Donald Trump. Sérieux.

Lejour.Info

https://www.lejour.info/2026/02/09/

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