Disparitions forcées en Guinée : la lâcheté des puissants, la trahison des élites, l’urgence d’agir
Depuis un an, Foniké Menguè et Billo Bah ont disparu, avalés par la machine répressive du CNRD. Mais la tragédie guinéenne ne se limite pas à la barbarie d’un régime : elle est aggravée par la lâcheté des puissances étrangères, l’hypocrisie des institutions internationales, et la trahison de ceux qui prétendent incarner l’alternative.
La France, complice par intérêt, protège ses affaires et ferme les yeux sur les crimes d’État. Les États-Unis, champions du silence coupable, n’agissent que lorsque leurs intérêts sont menacés. L’Union européenne, reine de l’hypocrisie, se contente de déclarations creuses. L’Union africaine n’est plus qu’une caricature d’elle-même, incapable d’agir, et la CEDEAO, brouillonne, navigue entre menaces et compromissions.
Mais il y a pire : la trahison de ceux qui, par leur histoire, leur combat et leur légitimité, devraient incarner l’espoir et le courage. Où sont les voix fortes de Cellou Dalein Diallo et Sydia Touré ? Où sont les mots que le peuple attend ?
Ils refusent de dire l’essentiel, de nommer la seule voie qui reste : l’insurrection populaire pour chasser la junte.
Ils en ont la légitimité, ils en ont l’histoire, mais ils préfèrent les calculs prudents, les discours prudents, les ambiguïtés qui tuent l’espérance. Leur silence, leur refus d’appeler à la résistance active, est une abdication.
Le FNDC, autrefois fer de lance de la mobilisation citoyenne, s’est replié derrière les communiqués et les déclarations. Il a renoncé à l’action directe, abandonné la rue, troqué la résistance contre la prudence. Ce choix, aussi compréhensible soit-il face à la répression, sonne comme une défaite morale.
Mais il n’est pas trop tard. Il n’est pas trop tard pour l’élite politique, il n’est pas trop tard pour le FNDC. Mais il est urgent d’agir.
Le peuple n’attend plus : il exige des actes, il réclame l’audace, il veut entendre l’appel à la mobilisation, à la désobéissance, à l’insurrection.
Chaque jour de silence est une victoire pour la junte, chaque hésitation une trahison de la mémoire de Foniké Menguè et Billo Bah.
J’accuse la junte de crime d’État.
J’accuse la France, les États-Unis, l’Union européenne, l’Union africaine et la CEDEAO de complicité par intérêt, silence ou incompétence.
J’en appelle à Cellou Dalein Diallo, Sydia Touré et au FNDC :
Le temps des mots et des calculs est révolu. Le peuple attend de vous le courage de l’histoire, l’audace de l’action, la clarté de l’appel. Il vous appartient d’incarner la rupture, de porter l’espérance, de rallumer la flamme de la résistance. Il n’est pas trop tard, mais il est urgent d’agir.
Il est encore temps de choisir le camp du peuple, de la mémoire, de la justice. Mais il n’y a plus une minute à perdre. L’histoire ne pardonnera pas l’inaction.
