En Guinée, Mamadi Doumbouya officiellement déclaré vainqueur de la présidentielle
Chef de la junte en Guinée, le général Mamadi Doumbouya a largement remporté le premier tour la présidentielle du 28 décembre, selon les résultats définitifs annoncés dimanche 4 janvier par la Cour suprême, un sacre sans suspense.
À l’issue de cette élection taillée pour lui – les ténors de l’opposition en exil avaient été écartés du scrutin, dans un contexte de fort rétrécissement des libertés –, le général Doumbouya légitime son règne sans partage sur la Guinée, qu’il dirige d’une main de fer depuis un coup d’État en septembre 2021 ayant renversé le président civil Alpha Condé.
Mamadi Doumbouya a appelé dimanche à « bâtir une Guinée de souveraineté politique et économique », dans sa première adresse à la nation. « J’appelle solennellement toutes les filles et tous les fils de notre nation, d’ici et de la diaspora, à se rassembler pour bâtir ensemble une Guinée nouvelle, une Guinée de paix, de justice et de prospérité partagée, et de souveraineté politique et économique pleinement assumée », a-t-il lancé.
« Une Guinée unie »
« Nous avons démontré au monde que la Guinée sait choisir son destin dans la paix et le respect des institutions comme l’attestent les rapports des missions d’observation internationales », a-t-il ajouté.
« Je remercie tous les acteurs impliqués pour cette belle réussite collective qui témoigne de la maturité de notre processus de gouvernance participative. Aujourd’hui il n’y a ni vainqueur, ni vaincu, il n’y a qu’une seule Guinée unie et indivisible », a-t-il lancé, affirmant qu’il « tendra la main à toutes les filles et fils de Guinée pour bâtir ensemble un avenir prospère ».
En dépit de sa promesse de rendre le pouvoir à des civils au terme d’une période de transition, Mamadi Doumbouya s’est présenté à cette élection qu’il a remportée sans avoir fait campagne sur le terrain et sans opposants d’envergure. Cette présidentielle est censée parachever le retour à l’ordre constitutionnel, quatre ans après la prise de pouvoir des militaires.
« Monsieur Mamadi Doumbouya, candidat indépendant, a recueilli 86,72 % des suffrages », a annoncé dimanche soir le premier président de la Cour suprême, Fodé Bangoura, lors d’une audience de proclamation des résultats définitifs qui confirment le score du candidat donné mardi soir lors de l’annonce des résultats provisoires par l’organisme supervisant les élections.
Mandat de sept ans
Le premier président de la Cour a ensuite proclamé « le candidat Mamadi Doumbouya élu président de la République de Guinée pour un mandat de sept ans ». Le général Doumbouya faisait face à huit adversaires peu connus du grand public.
Selon ces résultats définitifs, Abdoulaye Yéro Baldé, chef du Front démocratique de Guinée (Frondeg), arrive deuxième avec 6,59 % des voix, score également inchangé par rapport aux résultats provisoires.

Fodé Bangoura a indiqué que le candidat Baldé, qui avait déposé un recours contestant les résultats provisoires devant la Cour suprême, « s’est désisté volontairement de ce recours » samedi dans un courrier.
Colosse de 41 ans, Mamadi Doumbouya a promis « la paix et la stabilité » aux quelque 13 millions de Guinéens dans son clip de campagne, seule prise de parole du chef de la junte qui n’a fait qu’une brève apparition d’une heure à un meeting au dernier jour de la campagne. Mamadi Doumbouya n’a pas non plus pris la parole pour adresser ses vœux aux Guinéens pour le nouvel an.
France24, Avec AFP
