Contre La sansure

En libérant Dadis, Doumbouya encourage ‘’l’impunité’’ et cautionne le ’’crime contre’’ l’humanité’’

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Les réactions se multiplient après la libération du Capitaine Moussa Dadis Camara, ex-Chef de la junte (sous l’ère CNDD, entre 2008 et 2009), qui a bénéficié d’une grâce présidentielle, 8 mois seulement après sa condamnation à 20 ans de prison ferme le 31 juillet 2024.

Lors du procès qui s’est tenu de septembre 2022, à juillet 2024, le Capitaine Moussa Dadis Camara avait été reconnu coupable des crimes contre l’humanité pour sa  responsabilité sur le massacre du 28 septembre, qui avait coûté la vie à 156 civils, 109 femmes violées et plus d’un millier de blessés en 2009, au stade de Conakry.

Si les partisans de Dadis se sont réjouis de cette libération, du côté des familles des victimes et les défenseurs des droits de l’homme, c’est la grosse déception.

L’ONU demande l’annulation de cette décision libérant le Capitaine Moussa Dadis Camara.

« La décision d’accorder une grâce présidentielle » à M. Camara « soulève de graves préoccupations quant au respect, par les autorités de transition, du droit à un procès équitable et de l’état de droit, et méconnaît le droit des victimes à des recours effectifs » estime le porte-parole du Bureau des droits de l’Homme de l’ONU, Seif Magango, dans un communiqué

« Cette décision devrait être annulée », estime l’institution onusienne.

Selon M. Magango, « cette grâce sape les procédures judiciaires nationales et contrevient aux principes internationaux des droits de l’homme, qui insistent sur le droit des victimes à des recours effectifs ainsi que sur l’obligation des États à protéger et garantir les droits humains et de lutter contre l’impunité ».

« Cette grâce envoie un signal désastreux, démontrant un mépris pour les principes fondamentaux de justice, de responsabilité et de lutte contre l’impunité », avait indiqué plus tôt dans la journée le secrétaire général de la FIDH, Me Drissa Traoré, également membre du collectif représentant les parties civiles, dans un communiqué commun publié avec l’Association des victimes, parents et amis du 28 septembre (Avipa) et l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’homme et du citoyen (OGDH).

Les trois ONG « expriment leur profonde indignation face à une décision qui met en péril le processus de justice en cours » et est « en contradiction avec tous les engagements nationaux, régionaux et internationaux » de Conakry.

Avec cette mesure du Chef de la junte guinéenne, fait remarquer un observateur de la scène politique guinéenne qui s’est confié à notre rédaction, ‘’Il faut craindre un autre 28 septembre’’, surtout que Doumbouya, ‘’cherche à conquérir des partisans de Dadis dans la perspective de son éventuelle candidature’’,  bien que la charte de la transition l’interdit.

Devant cette volonté manifeste du Général Mamadi Doumbouya, Président de la transition,  de libérer Moussa Dadis Camara,  qui a passé seulement 8 mois en détention,  alors que le dossier en appel, était pendant à la Cour d’Appel de Conakry,  ce procès ‘’était une simple mascarade judiciaire, une comédie orchestrée sur les tropiques pour se moquer des guinéens.’’.

En plus, regrette notre interlocuteur, ce procès a coûté quelques 10 millions de dollars pour rien. Ceci étant, Doumbouya est en train d’encourager ‘’l’impunité en Guinée’’ et cautionner le ’’crime contre’’ l’humanité à des fins politiques’’, se désole notre interlocuteur.

En attendant la suite des événements, les guinéens restent préoccupés par la dégradation des droits de l’homme et l’impunité en Guinée.

Abdoul Wahab Barry

 

 

 

 

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