Fouta fotti fii Mamadi (Ou comment un pont devient plus courageux qu’un régime)
Un pont a cédé, englouti par la pluie. Mais en vérité, c’est le CNRD qui s’est effondré dans l’eau boueuse de Garambè.
Labé et Pita ne se parlent plus. Le Fouta est fendu en deux, comme le régime de Mamadi : moitié promesses, moitié mensonges. Quand même les rivières refusent de supporter votre poids, c’est qu’il y a un problème de fond.
Le CNRD voulait bâtir une « République unie ». Résultat : une République en kit, livrée sans vis ni manuel d’assemblage. On avait déjà perdu l’électricité, l’eau potable, la santé et l’éducation. Aujourd’hui, on perd carrément la route. La prochaine étape ? On nous demandera peut-être d’apporter nos propres morceaux de goudron à l’entrée de la ville.
Pendant ce temps, les démagogues du Fouta – nos grands poètes de la médiocrité – rivalisent dans l’art de féliciter Mamadi. Ils nous expliquent que la pluie, c’est « la volonté de Dieu ». Non messieurs ! Ce n’est pas Dieu qui a englouti le pont, c’est votre incompétence bétonnée. Dieu n’a pas signé le contrat du ministère des Travaux publics.
On disait que le Fouta était une forteresse. Mais sous le CNRD, même un simple ruissellement devient une armée conquérante. La pluie parle mieux que l’opposition. Elle fait campagne sans micro, sans meeting, et coupe Mamadi du pays réel.
Un jour, on nous racontera l’histoire ainsi :
« Il était une fois un Président qui se croyait général. Mais même les ponts se sont rebellés contre lui. »
Le Fouta fotti fii Mamadi.
Et pour une fois, ce n’est pas une métaphore.
Alpha Issagha Diallo
Écrivain, témoin du réel
Le cauchemar des ponts mal construits
