Contre La sansure

GUINÉE : DERNIER VIRAGE DE L’IMMORALITÉ !

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La situation sociopolitique actuelle de la Guinée impose à tout citoyen animé de discernement et d’un réel engagement patriotique de faire entendre sa voix. Dénoncer les dérives du moment et s’opposer à la légitimation de la dictature par la forfaiture est une exigence morale ; se taire reviendrait à se rendre complice de la consolidation de l’illégalité dans l’immoralité.

La récente déclaration du PEDN de Lansana Kouyaté, annonçant son soutien à la candidature de Mamadi Doumbouya, s’inscrit dans ces épisodes politiques qui obligent à s’indigner et à s’interroger. Figure politique aguerrie, ancien Premier ministre et opposant aux dérives autoritaires d’hier, Lansana Kouyaté est aujourd’hui interpellé par l’Histoire : quel était réellement son idéal politique ?

A-t-il combattu Dadis Camara et Alpha Condé pour défendre la démocratie, l’État de droit et le respect de la Constitution, ou ce combat n’était-il qu’un habillage moral au service de rancœurs personnelles ou de calculs d’intérêts ? Car soutenir aujourd’hui Mamadi Doumbouya revient à renier tout ce qui a été proclamé hier. Arrestations arbitraires, répression, confiscation du pouvoir par les armes, mépris des engagements de la transition, criminalisation de la presse et de la société civile : tout est à l’opposé des principes démocratiques et de la bonne gouvernance.

En faisant ce choix, Lansana Kouyaté rejoint, sans surprise, la cohorte de Bah Oury, Ousmane Gaoual Diallo, Sékou Kouréissy Condé et consorts : des leaders politiques incohérents et inconséquents qui, depuis plus d’une décennie, utilisent le peuple comme un marchepied vers des intérêts personnels. Après avoir combattu hier au nom de la démocratie et de la justice, ils applaudissent aujourd’hui une transition fondée sur le parjure, la force et la répression.

La déclaration du PEDN relève ainsi d’une négation manifeste de la réalité. Elle décrit une gouvernance idéalisée qui n’existe que dans les communiqués officiels. Parler de refondation de l’État et de restauration de la dignité humaine, alors que le pays est plongé dans l’arbitraire, la peur et l’opacité, relève soit de l’aveuglement volontaire, soit de la manipulation.

L’argument de la jeunesse, abondamment invoqué, est tout aussi fallacieux. La jeunesse n’est ni un diplôme ni une garantie morale. Être jeune ne signifie ni être compétent, ni être exemplaire, encore moins être démocrate. Ce n’est pas l’âge qui fonde la légitimité politique, mais le respect des principes, des lois et des libertés.

Ce soutien du PEDN n’est donc ni un acte de courage ni une vision politique : c’est un renoncement et une capitulation morale. Il pose une question essentielle : que vaut encore la parole politique lorsque ceux qui se présentaient comme des défenseurs de la démocratie deviennent les soutiens zélés de son fossoyeur ?

La Guinée ne souffre pas d’un manque de discours, mais d’un déficit de cohérence, de courage et d’éthique. Tant que des leaders continueront à troquer leurs convictions contre des calculs de circonstance, le pays restera prisonnier de ce cycle où chaque espoir se transforme en désillusion, et où le peuple finit par perdre ses repères fondamentaux de morale et de dignité.

Anonymous 1er,                                                                                                                      l’autre citoyen indigné qui vient de se réveiller dans la presqu’île de Kaloum.

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