Guinée: le général a tenu le pari du référendum constitutionnel!
Ils étaient plus de 6,5 millions de Guinéens à être convoqués dans les bureaux de vote ce dimanche 21 septembre pour un exercice qui devra constituer le premier pas de la Guinée vers le retour à l’ordre constitutionnel. Parler de remise du pouvoir aux civils serait un abus de langage, car le texte de la nouvelle constitution pour lequel les Guinéens et Guinéennes étaient appelés à dire «oui» ou «non», a été taillé sur mesure pour le général Mamadi Doumbouya, selon les leaders de l’opposition politique contraints à l’exil. Raison pour laquelle ceux-ci ont demandé à leurs concitoyens et militants de boycotter le référendum constitutionnel de ce 21 septembre.
Si le vote s’est déroulé dans le calme, il n’en demeure pas moins que seul le taux de participation sera l’enjeu majeur de cette épreuve, qui véritablement est loin d’être un obstacle pour le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) et sa transition. En tout cas, le pari du vote a été tenu, même s’il a fallu que les réseaux sociaux soient coupés, l’internet réduit à sa plus simple expression et Conakry transformée en ville morte sans circulation et en camp fortifié avec un lourd déploiement de véhicules et d’hommes armés. Jusqu’au bout, il fallait protéger ce scrutin qui, non seulement devra fermer la parenthèse de la transition, mais servir de rampe pour l’avènement du «Doumbouya nouveau».
«Si vous votez NON, votre voix sera comptée OUI», a dit Cellou Dalein Diallo, le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), depuis son lieu d’exil. L’avenir lui donnera-t-il raison, ou tort, surtout quand l’Afrique garde jalousement la palme d’or du continent où le résultat du vote est connu avant le vote lui-même. Pour le moment, à en croire des témoins sur place, le boycott prôné par les opposants de l’UFDG et du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), l’ancien parti chassé du pouvoir par le coup d’Etat du 5 septembre 2021, n’a pas été massivement suivi. Rien de plus normal, la campagne qui a précédé le scrutin étant allée dans un sens unique, celui des partisans du «oui». Il n’y avait de place pour aucune voix dissonante, que ce soit dans la rue où par le biais des médias qui n’avaient la possibilité que de relayer les échos des partisans du «oui». Et le gendarme de la Haute autorité de la communication (HAC) veillait au grain. Qui plus est, l’épée de Damoclès de la suspension plane en permanence sur les organes de presse qui ont encore la chance d’exister mais oseraient aller contre la volonté du censeur.
En attendant donc le résultat, pourtant déjà connu même sans tendances officielles, la Guinée aura sa loi fondamentale qui remplacera la charte de la transition et permettra au général Mamadi Doumbouya de se positionner pour l’élection présidentielle. S’il le veut, car lui-même avait affirmé que ni lui, ni aucun acteur majeur de la transition ne peut être candidat à rien! La parole donnée, encore plus celle d’un général de l’armée est sacrée et ne doit être, en aucun cas, foulée au pied, surtout pas par le chef lui-même!
Par Wakat Séra

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