Contre La sansure

Guinée: le général ne veut pas de bruit autour de son référendum!

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Un référendum constitutionnel pas comme les autres, est bien celui que les Guinéens et Guinéennes attendent pour le 21 septembre 2025. Après une campagne qui sera mené tambour battant par le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) et ses affidés, le peuple ira, tranquillement le jour J, dire «oui» ou «non». Car, après avoir bouclé quatre années d’une transition qui lui a permis de serrer la vis de la liberté d’expression et de la liberté tout court, le  (CNRD), compte remettre la Guinée sur les rails de la démocratie!

La nouvelle qui devrait en réjouir plus d’un, annonce plutôt un cauchemar pour les amoureux de la démocratie. En effet, le référendum constitutionnel qui doit ouvrir la voie à des élections et marquer le point de départ du retour à un pouvoir civil, bénéficiera d’une campagne bien originale, habillée de consignes draconiens pour les médias. A défaut de leur arracher micros, caméras et stylos, le gendarme de la communication, a simplement fixé ses règles qui, au finish, réduisent les organes de presse au silence.

Les consignes de la Haute autorité de la communication (HAC) sont claires. Règle numéro 1: ne donner la parole qu’aux entités qui sont en odeur de sainteté avec l’Etat ou ne sont pas en conflit avec la loi selon le CNRD. En somme, tous ces mouvements de la société civile et les partis politiques mis à la touche par le CNRD pour 90 jours car animés de la farouche volonté d’ouvrir les yeux de l’opinion sur les dérives du pouvoir de la transition, devront la fermer. Du coup, les partis comme le Rassemblement du peuple guinéen (RPG) du président déchu, le Pr Alpha Condé, et l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) du très populaire Cellou Dalein Diallo, deviendront aphones et atones. Règle numéro 2: les médias privés, qui se comptent sur le bout des doigts d’une main en Guinée, sont interdits d’évoquer le sujet référendaire à travers des émissions interactives. En français facile, le public, donc le peuple, ne pourra parler du référendum qu’entre les quatre murs des maisons, entre deux chuchotements. En somme, les citoyens qui sont déjà privés de bien des espaces d’expression, ne seront pas en mesure de donner leurs avis sur une question aussi importante que la Loi fondamentale qui guidera tous les actes en Guinée.

Avant même de se rendre aux urnes qui, sauf miracle, ne diront que ce que le CNRD veut, le verdict du référendum est donc déjà connu. Question: pourquoi organiser un référendum et des élections à coup de milliards de francs si le match est déjà joué d’avance? En tout cas, les dés sont pipés et la compétition n’a même plus sa raison d’être, surtout que cette constitution est bien taillée sur mesure pour le général Mamadi Doumbouya qui compte troquer le treillis, le képi et les rangers contre le boubou, le bonnet et les babouches. Malheureusement, tout est joué d’avance et le silence de la communauté internationale face à cette parodie démocratique de classe XXL qui avance à grands pas, n’est pas pour aider une Guinée en quête de démocratie! La démocratie vraie!

«Oui» ou «Non»? «Oui»!

Par Wakat Séra

Source: https://www.wakatsera.com/guinee-le-general-ne-veut-pas-de-bruit-autour-de-son-referendum/

Image de la Une: (Ph. d’illustration-Organisation internationale de la Francophonie)

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