Contre La sansure

Guinée : le régime de Conakry confronté à l’enlèvement d’une nonagénaire, mère d’un opposant

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Alerte. Une nouvelle série d’enlèvements vient de frapper la Guinée, accentuant les inquiétudes sur la dérive répressive du régime militaire de Conakry. Dans la nuit de mardi, plusieurs femmes issues de familles liées à des figures critiques du pouvoir ont été enlevées à leur domicile par des hommes encagoulés en tenue militaire, à Dinguiraye, dans le nord-est du pays.

Depuis plusieurs mois, la répression ne vise plus seulement les opposants et les journalistes, mais également leurs proches. Après l’enlèvement en septembre 2025 d’Elhadj Adama Keita, père du journaliste d’investigation Mamoudou Babila Keita, celui des enfants, du neveu et du frère du chanteur Elie Kamano, ou encore du fils d’un cadre de l’UFDG en janvier dernier, c’est désormais la famille de l’ancien ministre Tibou Kamara qui est touchée. Sa mère une vielle de près de 90 ans, sa sœur et une tante ont été enlevées, dans un contexte où le journaliste Habib Marouane Camara, lié à cette famille, reste porté disparu depuis décembre 2024.

Le mode opératoire est devenu tristement familier : interventions nocturnes, hommes cagoulés en tenue militaire ou sans identification, puis disparition totale des victimes. Les autorités restent silencieuses, tandis que la justice apparaît inféodée au pouvoir.

Une liste qui s’allonge

Les disparitions forcées se multiplient depuis l’arrivée au pouvoir du colonel Mamadi Doumbouya. Parmi les victimes figurent des militants du FNDC comme Foniké Menguè et Billo Bah, le journaliste Habib Marouane Camara, l’ancien haut cadre Saadou Nimaga, des proches d’Elie Kamano, le fils et le neveu du colonel Claude Pivi, ainsi que plusieurs personnalités civiles et militaires dont le sort demeure inconnu.

Les ONG internationales dénoncent une dérive autoritaire

Les organisations de défense des droits humains alertent depuis plus d’un an sur une pratique systématique d’arrestations clandestines, de détentions secrètes et de disparitions forcées, qualifiées de violations graves du droit international. Les familles, elles, restent sans nouvelles de leurs proches, parfois depuis bientôt deux ans.

Face à cette escalade, des voix s’élèvent pour demander l’intervention urgente des Nations unies, de l’Union africaine, de l’Union européenne et des ONG internationales. Les nouveaux enlèvements de femmes issues de familles déjà ciblées renforcent la crainte d’un système d’intimidation généralisée, où la répression s’étend désormais aux cercles familiaux des opposants.

En Guinée, les disparitions forcées semblent s’imposer comme un instrument de gouvernance. Une question demeure : combien de familles devront encore être frappées avant que la communauté internationale ne réagisse ?

Source: https://sentinelleafrique.org/

L’image de la UNE est de https://www.visionguinee.info/

 

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