Contre La sansure

Guinée : l’économie au bord de l’asphyxie, le « cash » devient une denrée rare

0

Depuis plusieurs mois, la Guinée traverse une crise de liquidités sans précédent. Entre banques aux coffres vides, citoyens désemparés et gérants de monnaies électroniques à l’arrêt, le pays semble fonctionner au ralenti. Enquête sur un phénomène qui fragilise le quotidien de millions de Guinéens.

À Kaloum comme dans les banlieues de Conakry, le spectacle est le même chaque matin : des files interminables devant les Guichets Automatiques de Billets (GAB). Mais bien souvent, l’écran affiche un message laconique : « Hors service » ou « Provision insuffisante ».

Pour les fonctionnaires et les salariés, accéder à son propre salaire est devenu un parcours du combattant. ‘’J’ai fait quatre banques aujourd’hui, et aucune n’a pu me donner plus de 1 000 000 GNF’’, confie Naby Camara, journaliste.

Cette limite de retrait, imposée de manière informelle par de nombreux établissements, paralyse la consommation des ménages.

Les gérants de Orange Money : les victimes collatérales

Si le gouvernement et la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG) encouragent la digitalisation, les gérants de points de vente Orange Money ou MoMo sont pourtant les premiers à souffrir. Pour pouvoir effectuer des retraits pour leurs clients, ces agents ont besoin de liquidités physiques qu’ils ne trouvent plus en banque.

‘’Les clients viennent pour retirer, mais je n’ai pas de billets. Les banques ne nous servent plus correctement. On passe nos journées à se dire « non »’’, explique Aboubacar Bangoura, gérant d’un kiosque Orange Money à Kaloum.

Pourquoi cette pénurie ? Le diagnostic de la BCRG.

Selon le gouvernement guinéen et les analyses économiques récentes, la crise de liquidité est principalement attribuée à une forte thésaurisation (le retrait et la garde de cash par les citoyens), à une crise de confiance entre les opérateurs économiques et les banques, et à une forte demande de liquidités due à une économie dynamique. D’autres facteurs incluent l’impact de la débancarisation, suite à un renforcement des contrôles bancaires.

Vers une sortie de crise ?

Malgré l’injection de nouveaux lots de billets fin 2025 et début 2026, la tension persiste. Les experts estiment qu’une simple impression de monnaie ne suffira pas. La solution passerait par un rétablissement de la confiance entre les banques et les usagers, couplé à une dématérialisation réelle des paiements dans les marchés traditionnels, là où le « cash » règne encore en maître.

Lire la suite… https://www.lerevelateur224.com/2026/02/16/guinee-leconomie-au-bord-de-lasphyxie-le-cash-devient-une-denree-rare/

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

× Comment puis-je vous aider ?