Guinée : Mamadi Doumbouya serait-il pris en otage par son clan?
La disparition tragique de Toumba Diakité le 25 mars 2026 dernier continue de susciter de nombreuses interrogations en Guinée. Entre soupçons, luttes d’influence et fragilité du pouvoir militaire, manque de leadership de Mamadi Doumbouya, son incapacité à limoger des figures incompétentes, qui trimballent des casseroles à scandales, telles que Charles Wright, Aboubacar Sidiki Camara, Balla Samoura, Aly Touré, le fameux commandant Moriba «Kilo » Keïta membre influent des forces spéciales guinéennes et de la garde rapprochée du général Mamadi Doumbouya, Morisandan Kouyaté, certains observateurs estiment que le chef du régime militaire guinéen pourrait être prisonnier de son propre entourage.
Une disparition qui soulève des doutes
La disparition tragique de Toumba Diakité le 25 mars 2026 continue de faire couler beaucoup d’encre et suscite de nombreuses interrogations.
Selon des sources proches du pouvoir militaire piloté par Mamadi Doumbouya, ce dernier ne serait ni le commanditaire de l’exfiltration ni responsable de la disparition de Toumba Diakité.
C’est d’ailleurs dans ce contexte qu’il aurait ordonné l’ouverture d’une enquête sérieuse afin d’élucider les circonstances de cette mort tragique, alors même que les deux hommes entretenaient de bonnes relations.
Beaucoup de personnes accusent d’ailleurs le commandant Moriba «kilo» Keïta connu pour ses excès, d’être le cerveau de la disparition tragique de Toumba Diakité.
Mais l’on se pose la question de savoir si le fameux commandant Moriba Kilo Keïta peut à lui seul faire une telle opération sans l’implication de la haute hiérarchie militaire du pays ou sans même l’avale de Mamadi Doumbouya?
Une situation incompréhensible qui révèle tout de même des zones d’ombres.
Un pouvoir fragilisé par son entourage
Ces événements révèlent que Mamadi Doumbouya ne contrôlerait pas totalement son pouvoir. Son entourage, quant à lui, semblerait avoir des intérêts divergents, susceptibles de fragiliser davantage son pouvoir.
Autour du chef de la junte graviteraient plusieurs profils qualifiés de nuisibles :
- le nuisible d’occasion
- le nuisible par distraction
- le nuisible oisif
- le nuisible persistant
- le nuisible arrogant
Ces acteurs, loin d’être anodins, peuvent s’avérer particulièrement dangereux, difficiles à écarter et capables de s’adapter à toutes les configurations politiques. C’est le cas d’ailleurs de certains proches du président Alpha Condé, de la figure de l’opposition Cellou Dalein Diallo et de Sidya Touré devenus aujourd’hui des troubadours ou des caisses de résonance du pouvoir militaire actuel.
Une constante dans l’histoire politique guinéenne
Ce phénomène n’est pas nouveau. Des profils similaires étaient déjà présents autour de Alpha Condé et de Moussa Dadis Camara.
Ils auraient, en partie, contribué à la réussite du coup d’État contre Alpha Condé en septembre 2021.
Capables de se réinventer, ces acteurs politiques et militaires, animés par des intérêts personnels, continuent d’influencer profondément la vie politique guinéenne.

Un système enraciné et difficile à démanteler
Compte tenu de la dégradation flagrante des droits humains, malgré que M ait parvenu à confisquer le pouvoir en refusant le retour apaisé à l’ordre constitutionnel, il donne l’impression aujourd’hui d’être pris au piège par un réseau complexe composé :
- de militaires
- d’élites administratives
- d’acteurs étatiques
- de firmes multinationales
Ce groupe, solidement installé depuis plusieurs décennies, exercerait une influence déterminante sur lui et sur les institutions du pays.
L’absence d’une société civile forte et de partis politiques structurés, voulu par ce clan accentuerait ce déséquilibre, laissant le champ libre à ces acteurs.
Une gouvernance critiquée
Cette situation expliquerait aussi, entre autres, le manque de décisions fortes, notamment l’absence de remaniement au sein d’un gouvernement jugé inefficace et dépourvu de véritable programme politique.
Elle alimenterait également des pratiques dénoncées comme :
- la corruption
- les manipulations politiques
- la censure des médias, justifiée au nom de la sécurité nationale
- la gestion contestée de la crise de liquidités
Un risque politique majeur
Dans ce contexte, certains estiment que Mamadi Doumbouya pourrait être progressivement poussé vers la sortie, tout en étant tenu responsable de la disparition de Toumba Diakité.
Une issue qui, selon cette lecture, marquera durablement son image dans l’histoire récente de la Guinée.
Car on fait face à des voleurs professionnels, corrompus et corrupteurs qui ne veulent rien lâcher.
Et Mamady Doumbouya, assoiffé de pouvoir se croit être tenu obligé de faire allégeance à ce groupe mafieux, qui marche sur le cadavre fumant de la Guinée depuis six décennies.
Ces gens considèrent l’État guinéen comme une source de revenus intarissable, et ne sont pas prêts à quitter les commandes.
Ce sont comme des parasites ordinaires qui ne bâtissent rien, mais toujours prêts à dépecer l’État guinéen. Et c’est pourquoi ils sont parvenus à parasiter toutes les institutions étatiques guinéennes.
Pour atteindre leurs objectifs, ils font usage du mensonge, de complots, de diversion et ça les consolent et les apaisent du genre, la censure actuelle des médias guinéens est une question de sécurité nationale.
Ils ont besoin de ce genre de mensonges. Et ils y trouvent refuge et soutien et en profitent à l’image de la crise de liquidités persistante actuelle qu’ils imputent sans gêne aux opérateurs économiques.
Et une telle situation leur permet comme des gros lièvres à sortir de leurs antres, main dans la main avec une société civile désorganisée, vendue avec des partis politiques essoufflés et à se lancer dans la bagarre pour légitimer un putsch militaire.
Habitués à ce genre de jeu perfide et sinistre, ils poussent aujourd’hui Doumbouya à sortir sûrement mais lentement, par la petite porte de l’histoire en lui faisant endosser la disparition tragique de Toumba Diakité.
Ainsi il entrera dans l’histoire comme, la plus grande imposture de l’histoire récente de la Guinée.

Une marge de manœuvre encore possible
Cependant il n’est jamais trop tard pour bien faire et il n’est jamais trop tard pour reprendre la main.
Il reste possible pour le chef de la junte de reprendre le contrôle, à condition d’exercer pleinement son pouvoir et de s’affranchir des influences qui l’entourent.
Car le pouvoir ne se délègue pas, il s’exerce.
Et il ne faut jamais les sous-estimer, et croire surtout que l’on s’en défait comme un revers de manche ou d’un coup de torchon.
Par Aïssatou Chérif Baldé-Diallo
