Contre La sansure

Guinée: Pourquoi attendons-nous qu’Ousmane Sonko fasse notre révolution?

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La Guinée se meurt dans le silence, et voilà que ceux qui prétendaient la défendre en appellent au Premier ministre sénégalais pour lui demander d’intervenir. Le FNDC, par un communiqué, supplie Ousmane Sonko d’user de son aura pour parler au chef de la junte guinéenne. Un appel gênant, désolant. Presque indécent.

Ce n’est pas au Sénégal de se battre pour nous. Ce n’est pas à Sonko de mendier la liberté de Foniké Mengué ou de Billo Bah. Quand Sonko était emprisonné, quand les jeunes sénégalais tombaient sous les balles, personne n’a supplié un pays voisin. Le peuple s’est levé. Il a assumé sa douleur. Et il a gagné. Sans pleurnicher.

Et nous, Guinéens ? Nous rédigeons des communiqués. Nous partageons des hashtags. Nous survivons dans la peur. Nous regardons ailleurs.

Le vrai scandale, ce n’est pas seulement la dictature militaire. C’est la résignation généralisée. Ce sont les militants réduits au silence. Ce sont les jeunes exilés, les syndicats absents, les partis complices ou timorés.

Le FNDC n’aurait pas dû écrire à Sonko. Il aurait dû réveiller la rue, réactiver la mémoire des luttes passées, interpeller le peuple, pas un Premier ministre étranger.

L’histoire est implacable : les libertés ne s’exportent pas. Elles s’arrachent.

Un jour viendra où la Guinée en aura assez. Où elle refusera de vivre à genoux. Où un événement, une étincelle, un sursaut viendra balayer la peur. Ce jour-là, tout basculera. Et ce ne sera ni Sonko, ni la CEDEAO, ni une ONG. Ce sera le peuple. Rien que lui.

En attendant, cessons de demander aux autres de faire ce que nous ne faisons pas nous-mêmes. L’honneur est un choix. Et le silence, une trahison.

𝐀𝐛𝐨𝐮𝐛𝐚𝐜𝐚𝐫 𝐅𝐨𝐟𝐚𝐧𝐚, 𝐜𝐡𝐫𝐨𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞𝐮𝐫

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