Guinée : quand la peur devient méthode de gouvernance, le devoir de résistance s’impose
La Guinée traverse l’une des périodes les plus sombres de son histoire politique récente. Les faits gravissimes relatés dans le communiqué (*) de la Direction nationale de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), faisant état d’une tentative d’enlèvement visant un responsable du parti et de l’enlèvement brutal de son fils, constituent un signal d’alarme majeur pour la nation et pour la communauté internationale.
Ces actes, d’une extrême gravité, traduisent une radicalisation inquiétante du régime du CNRD, qui semble désormais faire de la terreur, de l’intimidation et de la violation systématique des droits humains des instruments ordinaires de gouvernance.
L’irruption d’hommes armés et encagoulés, opérant de nuit, sans mandat ni identification, l’usage d’armes à feu contre un domicile privé, l’enlèvement d’un citoyen innocent en lieu et place de son père, relèvent sans équivoque des pratiques de disparitions forcées et de prises d’otages, formellement prohibées par les lois guinéennes et par toutes les conventions internationales ratifiées par la République de Guinée. Ces méthodes, indignes d’un État se réclamant d’une transition vers la démocratie, rappellent des heures que notre peuple croyait révolues.
Il ne s’agit plus de faits isolés. Ils s’inscrivent dans une dynamique répressive globale marquée par l’arbitraire, la restriction des libertés publiques, la persécution des voix dissidentes et l’instrumentalisation de la peur pour réduire au silence l’opposition politique. En s’attaquant aux responsables de l’UFDG, à leurs familles et à leurs enfants, le régime du CNRD franchit une ligne rouge morale et politique. Aucun pouvoir ne peut durablement se maintenir en piétinant la dignité humaine.
Face à cette dérive autoritaire, notre responsabilité historique est immense. Aux responsables, cadres et militants de l’UFDG, je dis avec force : ne cédons ni à la peur ni au découragement. L’acharnement du régime est la preuve éclatante que notre combat est juste, que notre idéal démocratique ébranle les fondements d’un pouvoir illégitime et aux abois. Chaque intimidation, chaque enlèvement, chaque violation des droits humains renforce la légitimité de notre lutte et dévoile au monde le vrai visage du CNRD.
L’histoire nous enseigne que les régimes fondés sur la répression finissent toujours par tomber sous le poids de leurs propres injustices. La victoire finale n’est jamais le fruit de la facilité, mais celui de la constance, du courage et du sacrifice. Plus que jamais, l’UFDG doit rester unie, disciplinée et déterminée, fidèle à ses valeurs de justice, de liberté et de respect de la personne humaine.
Nous lançons un appel solennel à l’opinion nationale et internationale, aux organisations de défense des droits humains et aux partenaires de la Guinée : le silence serait une complicité. La protection des citoyens guinéens, la libération immédiate et inconditionnelle des victimes de disparitions forcées et la fin de l’impunité doivent être des exigences non négociables.
La Guinée mérite mieux que la peur. Elle mérite un État de droit, une démocratie véritable et un avenir fondé sur la justice et la dignité. Le combat continue, avec calme, avec courage et avec la certitude que, malgré les obstacles actuels, la vérité et la liberté finiront par triompher.
Mamadou Bhoye Bah Secrétaire Fédéral UFDG-Allemagne
