Incendie aux abords du camp Almamy Samory Touré : un nouvel épisode qui ravive les inquiétudes sécuritaires à Conakry
Un incendie s’est déclaré dans la matinée de ce mardi aux abords du camp Almamy Samory Touré, cœur névralgique de l’appareil militaire guinéen, situé dans la commune de Kaloum. Selon le ministère de la Défense nationale, le sinistre, dont l’origine reste pour l’heure inconnue, n’a fait aucune victime mais a causé d’importants dégâts matériels.
Dans un communiqué publié sur sa page Facebook officielle, le département a précisé que le feu s’est déclaré dans deux conteneurs situés côté corniche sud du camp. « Un incendie d’origine inconnue s’est déclaré dans deux conteneurs aux abords du Camp Almamy Samory Touré côté corniche sud. Pas de perte en vie humaine mais des dégâts considérables », indique le texte.
Le ministère assure que les flammes ont été rapidement circonscrites grâce à l’intervention conjointe des sapeurs-pompiers de la protection civile et du groupe CIAO. « Grâce à la promptitude et au professionnalisme des sapeurs-pompiers de la protection civile et du groupe CIAO, le feu a été maîtrisé et les enquêtes sont ouvertes », poursuit le communiqué.
Un site hautement stratégique à nouveau touché
Le camp Almamy Samory Touré n’est pas un site militaire ordinaire. Il abrite le ministère de la Défense nationale, l’État-major général des forces armées ainsi que plusieurs services stratégiques du pays. Sa localisation au cœur de Kaloum, centre administratif et politique de la Guinée, en fait l’un des lieux les plus sécurisés du territoire.
Ce n’est pas la première fois que le camp est touché par un incident de ce type. Le 11 mai 2024, un incendie s’était déjà déclaré sur son flanc ouest, sans faire de victime. L’origine de ce précédent sinistre n’avait pas été rendue publique.
Un contexte politique et militaire particulièrement tendu
L’incident de ce mardi intervient dans un climat national marqué par une forte crispation. La veille, la Guinée sortait d’une élection présidentielle largement boycottée par la population, sur fond de contestation politique et de défiance envers les autorités de transition.
À cela s’ajoute un épisode de violence interne survenu récemment : un affrontement meurtrier ayant opposé une faction de l’armée aux forces spéciales, appuyées par le Groupement d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN). Cet épisode, encore entouré de zones d’ombre, a profondément secoué l’opinion publique et mis en lumière les tensions persistantes au sein de l’appareil sécuritaire.
Dans ce contexte, l’incendie survenu aux abords du camp militaire le plus stratégique du pays ne manque pas de susciter interrogations et inquiétudes. Bien que les autorités appellent au calme et assurent qu’une enquête est en cours, l’événement alimente un sentiment de vulnérabilité au sein de la population.
Une psychose sécuritaire qui s’installe
Pour de nombreux citoyens, ce nouvel incident renforce l’idée d’une fragilité croissante du régime militaire et d’un appareil sécuritaire sous pression. Dans les rues de Conakry comme sur les réseaux sociaux, les réactions oscillent entre inquiétude, suspicion et lassitude face à la multiplication des signaux d’instabilité.
Les autorités, elles, tentent de rassurer. Mais tant que les conclusions de l’enquête ne seront pas rendues publiques, les spéculations continueront d’alimenter une psychose sécuritaire déjà bien installée.
