Contre La sansure

Indépendance et souveraineté, (par Ahmadou Makhtar Kanté)

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Félicitations au peuple sénégalais à l’occasion de la célébration de la fête de l’indépendance fixée symboliquement au 4 avril 1960. Le Sénégal est donc un État indépendant reconnu comme tel par l’ONU, depuis le 28 septembre 1960.

L’indépendance est un statut juridique et politique. Maintenant, c’est la souveraineté qu’il faut construire au sens d’un État qui est libre de décider par lui-même et pour son peuple.

Cette souveraineté s’acquiert par le travail dans l’unité, la discipline, le partage des sacrifices et la gestion équitable des biens publics (justice sociale). Elle est étroitement liée à un leadership éclairé et exemplaire, à la stabilité politique et institutionnelle, à la sécurité du territoire et à la reddition des comptes pour toute responsabilité publique.

À nous, peuple sénégalais, de savoir nous situer dans l’histoire du monde, d’avoir une bonne lecture du contexte contemporain, d’identifier nos atouts et de saisir les opportunités qui se présentent à nous pour aller résolument de l’avant.

Avec un tel état d’esprit, toute contrainte, et il n’en manquera pas, pourra être transformée en opportunité, surtout si on ne se prive pas, par esprit de vanité mal placé, une sorte de fétichisme de la nation, de jeter un coup d’œil partout dans le monde où un peuple a connu des succès indéniables dans ce domaine.

La souveraineté n’est ni acquise ni perdue d’avance. Elle est le résultat d’une action conséquente et patiente qui sait conjuguer avec le temps et les priorités bien comprises. L’inaction la rend éloignée, voire inaccessible, tout autant que l’action désordonnée sans but clair et sans une mobilisation conséquente de tout le peuple comme un seul homme.

Un peuple uni et solidaire à travers ces collectivités territoriales, ses segments d’âge et socioprofessionnels et ses valeurs sociétales de base est en mesure de relever sans complexe, avec lucidité et dignité, le défi de la souveraineté.

C’est dire que l’action bien pensée est le seul moyen de se donner une chance de goûter à la joie d’être souverain en tant que peuple, même si celle-ci connait toujours des hauts et des bas, des bonnes et des mauvaises options qu’il faudra assumer en toute sérénité.

À la lumière du Coran, il faut souhaiter à tous les peuples d’être souverains pour le meilleur :
« Ô hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être, et a créé de celui-ci son épouse, et qui de ces deux-là a fait répandre (sur la terre) beaucoup d’hommes et de femmes. » (Coran, 4 : 1) ;
« Ô hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et nous avons fait de vous des peuples et des tribus pour que vous vous connaissiez. Le plus noble d’entre vous, auprès d’Allah, est le plus pieux. » (Coran, 49 : 13).

Le champion de la libération des peuples opprimés dans le Coran est incarné par la personne de Dhul Qarnayn qui, appelé à l’aide par un peuple opprimé par les peuples de Gog et Magog, intervient en leur faveur tout en leur demandant de s’investir pour être agents de leur propre liberté :

« Ils dirent : “Ô Dhul Qarnayn, les Ya’jûj (Gog) et les Ma’jûj (Magog) sèment le désordre sur terre. Accepterais-tu de percevoir de nous un tribut contre lequel tu dresserais entre eux et nous une barrière ? Il dit : “La puissance que mon Seigneur m’a donnée est meilleure. Prêtez-moi main-forte et je dresserai entre vous et eux un rempart » (Coran, 18 : 94-95)

Ahmadou Makhtar Kanté
Imam et essayist

Source: https://www.senenews.com/actualites/contribution-chronique

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