KINDIA : UNE ASSEMBLÉE PLÉNIÈRE POUR UNE JUSTICE GUINÉENNE PLUS COHÉRENTE ET RÉPUBLICAINE
Le ressort judiciaire de la Cour d’appel de Conakry accueille depuis ce jeudi, à Kindia, l’Assemblée plénière des magistrats. Cette rencontre, d’envergure nationale, a été solennellement ouverte par le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Yaya Kaïraba Kaba, en présence de nombreux acteurs du système judiciaire guinéen, notamment les magistrats du siège, du parquet, les greffiers ainsi que les hauts responsables de l’administration judiciaire.
Organisée sous le thème « Harmonisation des pratiques judiciaires pour une justice républicaine », cette rencontre de trois jours vise à poser les bases d’une réforme profonde du fonctionnement de la justice guinéenne. Elle intervient dans un contexte de transition où la refondation des institutions constitue une priorité affirmée par les autorités nationales, avec pour mot d’ordre : « la justice sera la boussole », selon la déclaration inaugurale du Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, le 5 septembre 2021.

Dans son allocution, le garde des Sceaux a mis en avant les fondements juridiques de cette assise, citant notamment l’article 82 de la loi L/2015/019/AN du 13 août 2015 portant organisation judiciaire. Il a exprimé sa gratitude envers les participants, tout en insistant sur l’importance stratégique de cette assemblée qui, selon lui, « n’est pas un simple rendez-vous administratif ou protocolaire, mais une exigence républicaine ».
Le ministre a souligné les attentes fortes placées dans cette démarche : une application uniforme de la loi, une interprétation convergente des textes, et un traitement équitable et identique des affaires judiciaires sur l’ensemble du territoire. Il a appelé à en finir avec les pratiques inégalitaires, dénonçant une justice « à géométrie variable », incompatible avec les principes de l’État de droit et la Charte de la Transition.

Yaya Kaïraba Kaba a également dressé un diagnostic lucide des défis du système judiciaire guinéen : surpopulation carcérale, lenteurs procédurales, corruption, pression médiatique, perte de repères éthiques. Face à ces maux, il a plaidé pour une réforme structurelle et morale, fondée sur l’éthique, la rigueur, la transparence et la loyauté.
Chacun, selon lui, a un rôle essentiel à jouer :
le magistrat du parquet, garant de l’action publique ;
le juge du siège, arbitre impartial ;
le greffier, mémoire vivante des procédures ;
les procureurs généraux et premiers présidents, garants de la discipline et de l’unité doctrinale.
Le ministre a aussi insisté sur la nécessité d’un équilibre entre harmonisation et adaptation locale, précisant que l’uniformité ne signifie pas nier les réalités spécifiques à chaque ressort judiciaire, mais plutôt garantir des standards juridiques communs.
Sous l’autorité du Chef de l’État, le ministère de la Justice prévoit un agenda ambitieux :
renforcer l’indépendance de la justice,
moderniser les infrastructures,
numériser les procédures,
professionnaliser les ressources humaines,
et renforcer la coopération entre les juridictions.

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