Contre La sansure

La déchéance d’un engagement : Taliby Dabo face au miroir de la mémoire

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Il est des trajectoires qui inspirent respect et fidélité ; d’autres, hélas, s’étiolent dans l’ombre de l’opportunisme, jusqu’à sombrer dans les abîmes de l’oubli volontaire. Taliby Dabo, jadis porté par une formation politique qui l’a vu croître, est aujourd’hui au centre d’un triste récit : celui d’un homme qui a déserté la mémoire, trahi l’engagement et vendu l’honneur.

Lorsqu’il confesse, sans pudeur, avoir “échangé avec son acheteur du moment”, il ne fait que verbaliser une pratique longtemps pressentie : celle d’un homme qui s’était préparé à franchir le Rubicon, non par conviction, mais par calcul. Cette phrase n’est pas qu’un aveu : elle est le miroir d’une duplicité désormais consommée. Ce que Taliby Dabo affirme aujourd’hui n’est que l’expression publique d’une posture qu’il nourrissait dans l’ombre depuis longtemps.

Mais là ne s’arrête pas l’offense. Elle est allée jusqu’à prendre la forme de l’achat des consciences, au moyen de motocyclettes distribuées à certains militants, dans l’espoir de conditionner leur adhésion à une sortie honteuse. Que cela soit dit clairement : si ces motos étaient destinées à corrompre notre engagement, alors Taliby Dabo a bel et bien “tapé poteau”. Car notre conscience ne se brade pas, notre fidélité ne s’achète pas, et notre engagement est plus lucide qu’un deux-roues.

Le plus déroutant dans cette dérive est sans doute le mensonge public que Taliby Dabo a proféré en affirmant avoir consulté le Président Professeur Alpha Condé avant de se livrer à cette rupture. Pire encore, il va jusqu’à insinuer que ce dernier lui aurait donné instruction de soutenir son “preneur du moment”. Quelle ironie ! Voilà que la trahison se pare des habits du mandat présidentiel. Ce n’est plus seulement une volte-face : c’est une falsification de l’histoire, une atteinte à l’honneur du Président.

Est-ce que ce monsieur pourrait, ne serait-ce qu’un instant, se mirer sincèrement ? Poser sur sa propre image un regard honnête ? Peut-il oser confronter, dans le silence du miroir, ce qu’il est devenu à ce qu’il prétendait incarner ? Peut-il reconnaître le vide laissé par cette chute éthique ? Nous en doutons.

Et pourtant, nous nous rappelons cette sagesse lancée avec gravité par Son Excellence le Président Alpha Condé :
« Plus le singe monte haut, plus l’on édifie ce qui se cache derrière. »

Ce proverbe, d’une justesse implacable, résonne aujourd’hui avec toute sa puissance. L’ascension de façade de Taliby Dabo n’a fait que révéler, en pleine lumière, la misère morale soigneusement dissimulée derrière les discours.

Qu’on ne s’y trompe pas : le RPG n’a jamais demandé une soumission servile. Mais il ne tolérera jamais qu’on piétine sa mémoire, qu’on travestisse ses sacrifices, ni qu’on dénature l’héritage de ceux qui ont lutté pour une Guinée digne et libre. Taliby Dabo n’a pas changé d’opinion : il a trahi une communauté. Il n’a pas mûri : il s’est vendu.

Nous, Jeunesse du RPG, ne parlons pas pour blâmer un homme ; nous parlons pour protéger une mémoire, un engagement, une éthique collective. Et nous nous adressons à la conscience nationale : que nul n’oublie, et que chacun mesure la valeur du silence quand le parjure se maquille en indépendance.

 

Konate Lanciné de la jeunesse du RPG Arc-en-Ciel

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