Contre La sansure

La démission du gouvernement après l’investiture du président de la République n’est pas une exigence juridique, mais une décision politique

0

Le 17 janvier 2026, la Guinée a franchi une étape solennelle : l’investiture du Président Mamadi Doumbouya et l’ouverture d’un septennat qui engage l’avenir de la Nation. Mais déjà, les rumeurs circulent, les spéculations s’enflamment : « Le gouvernement doit démissionner », « l’investiture impose un remaniement immédiat »…

Il est essentiel de rappeler que la Constitution adoptée le 28 septembre 2025 ne prévoit nullement une démission automatique du gouvernement après l’investiture présidentielle.

La stabilité institutionnelle est garantie par des mécanismes clairs : motion de censure, retrait de confiance ou décision présidentielle. L’ancienne Constitution, dissoute en 2021, tout comme la Charte de la Transition qui l’a remplacée, n’imposaient pas non plus une telle obligation. Ce sont des faits, pas des opinions.

Autrement dit : la démission du gouvernement n’est pas une exigence juridique, mais une décision politique.

Ceux qui agitent l’idée d’une démission obligatoire du gouvernement de Monsieur Bah Oury entretiennent une illusion dangereuse. Ils oublient que la force d’une Nation repose sur la clarté des institutions et la discipline des citoyens. La Guinée n’a pas besoin de confusion, elle a besoin de cohérence.

Ce débat révèle une tension récurrente dans notre vie publique : la confusion entre pratique politique et exigence constitutionnelle. La démocratie guinéenne ne peut se construire sur des malentendus. Elle doit s’appuyer sur la clarté des textes, la transparence des institutions et la confiance des citoyens.

La République n’est pas un théâtre de spéculations, mais une maison de lois. La Constitution est notre boussole, pas les commentaires de trottoir.

En ce début de septennat, faisons le choix de la responsabilité collective : dépasser les rumeurs, renforcer la pédagogie citoyenne et rappeler que la Constitution est notre boussole commune. La République ne se gouverne pas par les commentaires, mais par le respect des textes et l’engagement des institutions.

La démocratie n’est pas un marché de rumeurs, c’est une école de rigueur. Et la rigueur commence par le respect des textes.

Aujourd’hui, l’enjeu n’est pas de spéculer sur une démission hypothétique du gouvernement de Bah Oury, mais de mobiliser toutes les forces vives autour des priorités nationales :

.- La consolidation de l’État de droit ;

.- La relance économique et sociale ;

.- La préservation de l’unité nationale ;

.- La crédibilité des institutions face aux défis régionaux et internationaux.

La Guinée a besoin de sérénité et de cohérence. Le Président de la République, fort de son mandat, dispose de la latitude constitutionnelle pour ajuster son équipe gouvernementale selon sa vision quand il le souhaite. Mais il n’y a pas de vide juridique, ni d’obligation mécanique.

Respectons la Constitution comme un contrat sacré. Refusons les manipulations et les interprétations fantaisistes. Soutenons la stabilité institutionnelle pour que les réformes puissent s’ancrer durablement.

Joachim Baba Millimouno

Source: https://www.visionguinee.info/

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

× Comment puis-je vous aider ?