La gérontocratie africaine : De l’illusion démocratique à l’alternance civique (Par Aliou Niane)
Ceci est un véritable plaidoyer pour la maturité politique de nos pays africains. Je veux parler de l’alternance civique, pas simplement le changement du chef. Peu importe que le chef soit un civil ou un militaire mais il est absolument important que le processus soit porté par les valeurs de la cité (civitas). C’est pour l’emploi particulièrement « l’alternance civique «
L’illusion démocratique et l’alternative monarchique:
La persistance des présidences à vie en Ouganda, au Rwanda ou au Cameroun souligne l’échec des simulacres électoraux. Face à des scrutins systématiquement truqués, la restauration de la monarchie absolue apparaîtrait paradoxalement comme une option plus honnête. Cela épargnerait aux populations le coût et l’hypocrisie de processus électoraux dont les résultats sont verrouillés d’avance, transformant une gérontocratie de fait en un système dynastique assumé.
La force des armes contre le verdict des urnes:
Au Mali ou au Gabon, l’accession au pouvoir par la force militaire vient confirmer que, dans de nombreux États, l’armée demeure le seul arbitre de la succession politique. En s’imposant sans même recourir à la « fausse demande » des élections, ces régimes valident une forme d’autocratie pure. Ce passage de la fraude électorale à la prise de pouvoir directe par les armes illustre une rupture totale avec les aspirations démocratiques au profit d’une conservation brutale du pouvoir.
Le défi guinéen : vers une alternance civique: je ne peux critiquer les autres et taire sur la Guinée. La belle Guinée abandonnée à ses démons.
En Guinée, l’histoire politique est marquée par une instabilité chronique où chaque espoir de changement se heurte à des ambitions personnelles, ethniques inamovibles. Il est crucial que nous, citoyens, critiquions cette incapacité à institutionnaliser une alternance civique et pacifique. Le pays doit impérativement dépasser le modèle de l’homme providentiel ou du sauveur militaire pour construire des bases juridiques solides, portées par une conscience citoyenne capable de résister à la tentation de la présidence à vie.
