La Guinée face à une multiplication des procédures d’arbitrages suite aux retraits de permis miniers
Quasiment un an après la vague de retraits de permis minier, Conakry est submergée par les demandes d’arbitrages de sociétés minières. Dernière en date, ce 16 mars, avec l’Émirienne Falcon Energy Materials qui réclame 100 millions de dollars et dénonce l’« expropriation illégale » de son projet de graphite à la frontière libérienne.
C’est la troisième procédure déposée devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (Cirdi) – le tribunal arbitral attaché à la Banque Mondiale basé à Washington – contre la Guinée en quelques mois : Axis Minerals, filiale d’un groupe indien, réclame 28 milliards de dollars. L’entreprise émirienne Nimba Investment et d’autres sociétés sont, elles, également vent debout contre un projet de raffinerie d’or à Conakry mais aussi contre des permis miniers révoqués.
L’avocat Jemal Taleb, associé du cabinet Diamantis & Partners, est engagé dans une de ces procédures. Il déclare au micro d’Alexis Bédu : « Ce que fait le gouvernement guinéen, si cette tendance se confirme, eh bien il n’y a évidemment pas mieux pour faire fuir les investisseurs. J’ose espérer que l’intelligence du gouvernement guinéen, du président Mamadi Doumbouya, vont être rattrapées par la raison et comprendre qu’un pays qui n’a pas d’investissements internationaux est un pays qui n’est pas viable. Et donc, le toilettage du cadastre minier ne peut se faire que dans le respect des droits et des obligations que les Guinéens ont vis-à-vis de leurs partenaires nationaux et internationaux. »
« Tous les retraits ont été faits conformément au code minier », réplique Conakry
Contacté, le ministre guinéen des Mines assure que « tous les retraits de titres miniers ont été faits conformément au code minier et aux conventions en vigueur »
Mais la liste s’allonge. Et sur certains litiges, Conakry négocie. Concernant le différend avec l’homme d’affaires mauritanien Yacoub Sidya, la Guinée s’est par exemple directement adressée aux autorités de Nouakchott pour trouver une solution « apaisée et concertée ».
RFI

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