»La Guinée rejoint ainsi le cercle des nations qui comprennent que la stabilité institutionnelle repose autant sur la protection des anciens dirigeants que sur la limitation des mandats. »
LOI ORGANIQUE portant STATUT DES PRÉSIDENTS DE LA RÉPUBLIQUE, DES ANCIENS CHEFS DE L’ÉTAT ET DE LEURS CONJOINTS : une avancée qui consacre la maturité institutionnelle de la Guinée.
Il y a seize ans, lors de la soutenance de mon mémoire de maîtrise en sciences politiques intitulé « Problématique de limitation des mandats présidentiels en Afrique francophone », je dénonçais l’absence de mesures incitatives pour encourager les présidents en exercice à quitter le pouvoir. J’y plaidais pour l’élaboration de lois consacrant et encadrant le statut d’« ancien dirigeant », afin de mettre fin au dilemme tragique qui hante l’histoire politique africaine : pour trop de chefs d’État, la sortie du pouvoir se résume à deux issues funestes, la prison ou le cercueil.
L’adoption par le Conseil National de la Transition GN ce mardi 10 février 2026, d’une loi organique portant statut des anciens Présidents de la République, des Chefs de l’État et de leurs conjoints constitue une avancée historique, une réponse institutionnelle à une vieille problématique. Elle répond à une exigence que j’avais identifiée : offrir des garanties matérielles, financières et sécuritaires aux anciens dirigeants pour réduire la tentation des mandats anticonstitutionnels. Ce dispositif n’est pas un privilège, mais une garantie républicaine universellement reconnue, qui protège la dignité de la fonction suprême et assure la continuité de l’État.
Dans mon mémoire, je préconisais également le septennat, comme gage de cohérence, à rebours du quinquennat adopté par conformisme dans plusieurs pays francophones. Mon argument était simple : un mandat de sept ans permet de parachever les projets et chantiers initiés, tout en évitant l’alibi du « temps insuffisant » qui nourrit les velléités de prolongation. L’adoption d’une nouvelle Constitution en septembre 2025 consacrant un mandat présidentiel de sept ans en Guinée confirme la pertinence de cette vision.
En décembre 2016, le président Yahya Jammeh, au pouvoir depuis 1994, avait dans un premier temps reconnu sa défaite face à Adama Barrow. Mais quelques jours plus tard, il se rétracta, rejetant les résultats et plongeant le pays dans une impasse politique. Cette volte-face fut alimentée par la peur des représailles, les pressions de certains acteurs publics et les agissements d’une partie de la population, qui renforçaient son sentiment d’insécurité.
Cette histoire récente de la Gambie illustre tragiquement les conséquences de l’absence d’un statut protecteur pour les anciens chefs d’État.
Ce cas démontre que, sans garanties institutionnelles claires pour les anciens dirigeants, l’alternance démocratique reste fragile. Le spectre de la déchéance, de l’humiliation ou des poursuites judiciaires pousse certains présidents à s’accrocher au pouvoir, au détriment de la stabilité nationale.
Avec l’adoption de cette loi organique, la Guinée rejoint ainsi le cercle des nations qui comprennent que la stabilité institutionnelle repose autant sur la protection des anciens dirigeants que sur la limitation des mandats.
En Afrique francophone, trop de crises politiques sont nées de la peur des présidents sortants face à l’incertitude de leur avenir. En consacrant un statut protecteur, la Guinée envoie un signal fort : l’alternance démocratique peut être organisée, sécurisée et assumée sans drame.
Je me réjouis de constater que les idées que je défendais hier trouvent aujourd’hui une traduction normative. Cette convergence entre mes réflexions académiques et les réformes actuelles justifie la cohérence de mon engagement et mon soutien au Président Mamadi Doumbouya dont la vision bâtisseuse s’inscrit dans la logique d’une République fondée sur le droit, la prévisibilité et la stabilité.
En protégeant ses anciens dirigeants, la Guinée protège son avenir
La 5ème République ouvre une nouvelle ère !
