« LA PRIORITÉ DES PRIORITÉS SERA D’ABORD LA DÉFINITION DE LA DURÉE DE LA TRANSITION, LE CHRONOGRAMME DE LA TRANSITION… »
Quelques dizaines de minutes après l’installation du Conseil national de la transition (C.N.T.), Me Mohamed Traoré a estimé que « tout est prioritaire mais la priorité des priorités sera d’abord la définition de la durée de la transition, le chronogramme de la transition. Et après, on passera certainement au travail concernant l’élaboration du projet de constitution ».
Contrairement à nombre de conseillers installés comme membres du C.N.T., l’ancien Bâtonnier de Guinée, Me Mohamed Traoré, fait partie des personnalités dont la nomination a fait l’unanimité au sein des tous les milieux des forces vives. Il indique que « la particularité de ce CNT est de faire en sorte que nous ne soyons plus en phase d’une nouvelle transition parce qu’en 2010, lorsqu’on était au CNT, personne ne pouvait s’imaginer qu’on allait retomber dans une nouvelle transition et qu’on allait mettre en place un nouveau CNT« .
Pour cela, il « pense que le CNT qui prend fonction aujourd’hui, tout le travail consistera à faire en sorte qu’on ne se retrouve plus dans une nouvelle transition et qu’il n’y ait plus un autre CNT », et souhaite « qu’avec l’engagement des uns et des autres, le travail sera fait et correctement fait (…) Tous les membres du CNT ont une responsabilité collective envers la nation. Mais le plus important, c’est que chaque membre du CNT a des responsabilités individuelles, chacun a le devoir de mesurer l’importance et la portée de cette responsabilité individuelle« .
Si chacun d’entre nous prend la mesure de cette responsabilité, on pourra faire le travail qui est attendu de nous…
Il assure qu’en qui « me concerne, devant le président de la transition, nous avons pris l’engagement solennel de n’agir que dans l’intérêt du pays, surtout que la charte de la transition dit que le mandat interactif n’existe pas. Donc chaque membre du CNT agit en âme et conscience, en ne dépendant d’aucune structure. Si chacun d’entre nous prend la mesure de cette responsabilité, on pourra faire le travail qui est attendu de nous (…) les membres du CNT sont attendus au tournant, il faudrait donc faire en sorte que le travail du CNT, cette transition soit la dernière« .
Pour un analyste politique, « cette transition pourrait bien réussir si la majorité de ses membres ont des ambitions pour le développement de notre pays et souhaitent un retour à l’ordre constitutionnel normal. Une transition longue, c’est-à-dire de plus de deux années, y compris les 5 mois déjà écoulés, ne sera pas acceptée par la classe politique et la communauté internationale. Il faudrait que ces conseillers du C.N.T. soient assurés qu’en aidant à faire une bonne transition, au retour de l’ordre constitutionnel, ils pourraient continuer à jouer d’importants rôles dans l’administration« .
Brehim Ould MAHMOUD
