Contre La sansure

Le CNRD et la trahison de la transition démocratique en Guinée : Un processus saboté

0

Il est des moments dans l’histoire d’une nation où la trahison de la parole donnée devient non seulement un affront à la justice, mais une insulte à la dignité du peuple. Le CNRD, après avoir pris le pouvoir par la force, s’est présenté comme l’architecte d’une nouvelle ère pour le pays, une période de transition censée permettre un retour à l’ordre constitutionnel et à la démocratie.

Pourtant, à ce jour, cette promesse n’est qu’un mirage lointain, un engagement rompu qui expose le véritable visage de ce régime de transition : un simulacre de gouvernance, où les aspirations du peuple guinéen sont méprisées et les accords solennels foulés aux pieds.

L’accord du 21 octobre 2022, conclu entre la CEDEAO et les autorités de transition guinéennes, devait être un jalon décisif vers une sortie de crise. La transition, initialement prévue pour 36 mois, avait été ramenée à 24 mois dans un esprit de compromis, autour d’un calendrier clair, structuré autour de 10 étapes critiques pour rétablir la démocratie.

Ce calendrier consolidé, résultat de longues négociations, était censé être une feuille de route non négociable, un engagement ferme, garanti par la communauté internationale. Mais qu’en est-il aujourd’hui ? Force est de constater que ces engagements sont restés lettre morte, une coquille vide que le CNRD manipule à sa guise pour prolonger indéfiniment son emprise sur le pouvoir.

Les 10 étapes cruciales de la transition démocratique :

1. Recensement général de la population et de l’habitat

Cette première étape devait marquer le début du processus. À ce jour, il n’y a aucune action concrète, rendant la tenue d’élections transparentes impossible.

2. Recensement administratif à vocation d’état-civil

Crucial pour l’inclusion de chaque citoyen dans le processus démocratique, cette étape n’a jamais été sérieusement entamée, retardant tout progrès.

3. Établissement du fichier électoral

Un fichier électoral est indispensable pour garantir des élections transparentes. Cette étape est totalement ignorée, montrant l’absence de volonté d’aller vers des élections libres.

4. Élaboration d’une nouvelle constitution

Cette étape, pourtant fondamentale, n’a connu aucun progrès significatif. A nos jours on a qu’un projet de nouvelle constitution.

5. Organisation d’un référendum sur la nouvelle constitution

Le référendum devait être l’occasion pour le peuple de valider cette nouvelle constitution. Or, en l’absence de texte, cette étape est devenue un mirage.

6. Élaboration des lois organiques

Sans constitution, l’élaboration des lois organiques est devenue un exercice vain. Rien n’a été entrepris pour préparer ces fondements législatifs indispensables.

7. Organisation des élections locales et communales

Ces élections, nécessaires pour ancrer la démocratie locale, sont reportées aux calendes grecques, signe que le pouvoir préfère conserver un contrôle absolu.

8. Organisation des élections législatives

La tenue d’élections législatives, prévue dans le calendrier, semble elle aussi être repoussée indéfiniment, retardant la formation d’un parlement légitime.

9. Mise en place des institutions républicaines issues de la nouvelle constitution

Sans nouvelle constitution ni élections, ces institutions républicaines restent virtuelles, témoignant de la paralysie totale du processus de transition.

10. Organisation de l’élection présidentielle

Cette étape, censée être l’aboutissement du processus de transition, est aujourd’hui plus lointaine que jamais. Rien n’a été fait pour préparer cette élection, confirmant la volonté du CNRD de s’accrocher au pouvoir.

Le constat est accablant : le CNRD n’a jamais eu l’intention de respecter cet accord. Il ne s’agissait pour eux que d’un stratagème pour apaiser momentanément la communauté internationale, tout en s’accrochant au pouvoir. En réclamant l’appui technique et financier de la CEDEAO pour la mise en œuvre de ce calendrier, les autorités de transition ont réussi à gagner du temps, sans jamais fournir l’effort minimal pour respecter leurs engagements.

Cette trahison flagrante du CNRD est une insulte à la démocratie, un mépris total des aspirations du peuple et une violation des engagements pris devant la communauté internationale. Si la CEDEAO et les partenaires internationaux n’interviennent pas rapidement et fermement, la Guinée risque de sombrer dans un autoritarisme déguisé, où les promesses de transition ne sont que des leurres pour maintenir un régime sans légitimité.

La communauté internationale et les Guinéens doivent garder à l’esprit que la période de transition prend fin le 31 décembre 2024. Passée cette date, la légitimité du régime transitoire ne pourra plus être reconnue.

Abdoul Karim Diallo, Citoyen Guinéen

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

× Comment puis-je vous aider ?